« L’occasion est donnée de faire l’état des lieux »

Adoum Gargoum, Ministre délégué auprès du MINREX chargé de la coopération avec le Monde islamique.

Monsieur le ministre, à quoi renvoient les Journées de l’Afrique?

Les Journées internationales servent à aborder des aspects essentiels de la vie humaine, des enjeux importants du monde ou de l’Histoire et à sensibiliser le public. Une Journée permet également de mettre en lumière le chemin parcouru afin de mieux se projeter sur l’avenir. Chaque journée a une histoire, une date et très souvent, un défi à réaliser ou alors un objectif à atteindre. C’est précisément le cas de la date du 25 mai en Afrique. Pour rappel, la journée de l’Afrique a été instituée afin de symboliser le combat pour la libération, l’émancipation, le développement et le progrès du continent. Elle s’inscrit dans une dynamique permanente de pérennisation et de promotion des valeurs du Panafricanisme auprès des générations présentes et celles futures, à travers l’axe névralgique que représente le rapprochement des peuples et la foi en l’intégration africaine. Ainsi, à travers diverses activités commémoratives, les Etats africains sont invités à organiser des plateformes d’échange afin de rapprocher les peuples africains et populariser l’idéal d’une union du continent. C’est au vu de cette initiative louable que le Cameroun, par la voie du ministère des Relations extérieures, se joint depuis 2006 aux efforts que mène l’Union africaine à travers cette commémoration, par l’organisation des activités allant dans le sens de célébrer ladite journée dont les thématiques abordées varient chaque année en tenant compte des propositions de l’Union africaine.

Comment se célèbre cet événement au Cameroun ?

Cet événement se célèbre au Cameroun dans la réflexion et le dialogue autour du thème central proposé par l’Union africaine. Il est prévu un certain nombre d’activités dans ce sens, notamment un Forum débat à l’IRIC sur le thème central proposé par l’Union africaine le 29 mai 2018, et une concertation entre le gouvernement et les chefs de mission diplomatiques africains accrédités à Yaoundé le 30 mai 2018.

Quelle est la particularité de cette 55e édition ?

Elle se trouve dans la thématique proposée cette année par l’Union africaine, à savoir la lutte contre la corruption. En proposant comme thème : « Vaincre la corruption : une option viable de la transformation de l’Afrique », l’organisation panafricaine traite d’un des problèmes lancinants au sein des Etats africains et du monde. Par ce thème, l’occasion est donnée aux pays africains de faire l’état des lieux de la lutte contre la corruption, opération menée depuis des décennies. Cette opération a reçu un coup d’accélérateur notamment avec la publication des indicateurs en 1995. Face à ce fléau qui porte atteinte à l’image des pays, des campagnes de plaidoyer ont été menées pour influencer les agendas nationaux, régionaux et continentaux dans le but ultime de réaliser des changements systémiques et fondamentaux. L’Union africaine a entrepris des discussions au niveau continental avec les chefs d’Etat au Sommet de Ouagadougou, en juin 1998, et adopté la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption (CUAPLC) à Maputo le 11 juillet 2003, institué un Conseil consultatif de l’Union africaine sur la corruption (CCUAC).

Au regard de cette thématique, quelle appréciation faites-vous de la lutte contre ce fléau au Cameroun ?

Comme je viens de le dire, la corruption est un problème global, un problème mondial. Vous comprenez et convenez avec moi que le Cameroun n’est pas le seul théâtre de ce fléau dont on connaît les désastres sur nos économies et notre société en général. De concert avec l’Organisation des Nations unies et l’Union africaine, le Cameroun, pays qui aspire à l’émergence à l’horizon 2035, est résolument engagé dans une lutte sans merci contre la corruption, sous la très haute impulsion de S.E. le président de la République Paul Biya. À travers des ajustements normatifs et institutionnels, nous sommes tous témoins des avancées considérables en la matière.

L’Union africaine a engagé un processus de réforme institutionnelle. Quelles en sont les attentes et quel rôle joue le Cameroun dans ce processus ?

Les difficultés rencontrées dans la réalisation de certains objectifs majeurs ont d’abord justifié le passage de l’OUA à l’UA. Quelques dysfonctionnements de cette nouvelle institution justifient les réformes auxquelles vous faites allusion. L’on a pu observer comme conséquences, une dépendance à l’égard des partenaires donateurs, une relative efficacité lorsque l’Union est attendue. À travers lesdites réformes, l’Union africaine veut restaurer la confiance que les Africains ont placée en elle : elle veut parler d’une seule voix, renforcer son autonomie, et être plus efficace en apportant des solutions africaines aux problèmes africains. Le Cameroun est un maillon important de ce processus. Une fois de plus, notre pays a le privilège de voir un de ses compatriotes, le Pr. Pierre Moukoko Mbonjo, porté à la tête de l’Unité de mise en œuvre de la réforme. Bien évidemment, cela ne saurait être la seule contribution du Cameroun dans ce processus. En tant que membre, il participe au processus décisionnel. Sa voix compte au sein de l’organisation panafricaine. Il implémente également les décisions de l’organisation. Depuis 2018 par exemple, le Cameroun fait partie de la poignée de pays qui appliquent la nouvelle réforme sur le financement de l’Union, notamment la taxe à l’importation des produits non africains qui est de 0,2%.

Peut-on avoir aujourd’hui un aperçu des relations entre l’Union africaine et le Cameroun?

Le Cameroun est un membre fondateur de l’organisation panafricaine. La coopération avec l’OUA par le passé et l’UA aujourd’hui est excellente et porte de nombreux fruits que je ne saurais dénombrer dans le cadre d’un entretien. Le Cameroun apporte beaucoup à l’Union africaine dans la réalisation de ses objectifs. Notre pays fournit la ressource humaine. Nombreux sont en effet nos compatriotes qui occupent des postes de responsabilités dans différentes structures et participent aux opérations de maintien de la paix dans les pays frères et amis. Le Cameroun abrite les rencontres des institutions de l’Union ainsi que leurs sièges. L’inauguration récente à Douala de la Base logistique continentale de la Force africaine en attente est un bel exemple.

 

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