« La décentralisation nous permet d’aller plus vite »

 Ousmane Dore, Directeur général Afrique centrale à la Banque africaine de développement.

Monsieur le directeur général, le siège régional Afrique centrale de la Banque africaine de développement (BAD), vient d’être transféré de la Côte d’ivoire au Cameroun. Qu’est-ce que cette délocalisation implique pour la région Afrique centrale?

C’est en phase avec le nouveau modèle de développement et de prestation de services prôné par le président de la BAD. Lorsque le Dr Adesina a pris les rênes de l’institution, il a opté pour un modèle qui vise essentiellement à ramener la banque près de ses pays membres. C’est un modèle de décentralisation poussé où les opérations pourraient être menées sur le terrain, de même que les décisions de politique et les grandes questions stratégiques se ramèneraient au niveau des pays à travers un dialogue plus rapproché. Travailler à partir d’Abidjan n’a pas toujours été facile. En 18 mois, je n’ai pu être présent au Cameroun que deux fois. Coordonner à partir d’un pays de la sous-région, le Cameroun en l’occurrence, permettra au directeur général et à son équipe de joindre les autres pays sans trop de difficultés.

Quel impact aura ce transfert du siège régional sur la mise en œuvre des projets financés par la BAD ?

La procédure de mise en œuvre commence généralement par les bureaux sur le terrain avant de remonter à la direction générale. L’éloignement entre ces différentes structures peut allonger les délais, notamment pour la non objection qu’il faut donner à certains projets. Cette décentralisation nous rapproche et nous permet d’aller plus vite. Et l’objectif recherché est que nous ne soyons pas une banque d’approbation, mais une banque d’exécution. 

On sait que l’intégration de l’Afrique est l’un des piliers sur lesquels s’appuient la Banque. En tant que responsable de la sous-région, pouvez-vous faire le point sur les projets intégrateurs en Afrique centrale ?

Je voudrais commencer par souligner que le Cameroun est le pays de la sous-région où ces projets intégrateurs ont été le plus mis en œuvre, c’est-à-dire où il y a le plus grand nombre d’approbation. Ici, près de 60% du portefeuille porte sur des projets de transport qui ont des aspects multinationaux. Je veux parler de la route Ketta-Djoum, du corridor Bamenda-Enugu, etc. Et il y a encore à venir. En décembre la Banque en a approuvé trois dont des accords de prêt pour le financement partiel de l’un (pont sur le Logone entre le Cameroun et le Tchad, NDRL) viennent d’être signés. Un projet de chemin de fer et un autre pour une ligne d’électricité toujours entre ces deux pays ont également été approuvés. Ces projets sont essentiels parce que la zone Afrique centrale a un défi majeur qui est celui de l’intégration. Le rythme de commerce intra-régional est très faible, les infrastructures aussi sont faibles. C’est tout cela que nous cherchons à corriger. D’autres défis concernent les Tic, le marché commun. Il faut en créer un et ça dépend des économies diversifiées, des productions compétitives disponibles grâce à des conditions tarifaires allégées.

 

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