Listes de candidatures: faut-il instaurer la parité ?

 Alors que pointent à l’horizon les prochaines échéances législatives et municipales, CT ouvre le débat dans un environnement où les femmes continuent de revendiquer plus de place.

Combien sont-elles aujourd’hui en termes de pourcentage au sein de la population camerounaise et que représentent-elles dans les instances électives de notre pays ? Elles, bien évidemment, ce sont les femmes. Les chiffres du dernier recensement général de la population de 2005, rendus publics au Cameroun en 2010 indiquent que notre pays comptait alors 17 463 836 habitants.

Dans ces chiffres, on retrouvait 8 831 800 femmes contre 8 632 036 hommes.

Une population qui avoisine les 23 794 164 habitants à l’heure actuelle, avec toujours un léger avantage pour les femmes. Est-ce pour autant que celles-ci sont suffisamment représentées au sein des structures électives de notre pays.

Assurément non ! Il convient tout de même de noter que des progrès notables ont été enregistrés ces dix dernières années, si l’on prend simplement le cas des deux chambres du parlement camerounais. La 9e législature qui tire à sa fin à l’Assemblée nationale est sans contexte l’exemple qui vient illustrer l’embellie observée.

On est ainsi passé de 25 femmes sur 180 élus entre 2007 et 2013 à 56 femmes élues en 2013. Le Sénat n’est pas en reste. Les 20 femmes de la première législature de cette institution ont laissé la place à 26 autres élues et nommées en mars et avril derniers. Les deux chambres affichent respectivement un peu plus de 31% et 26% de représentativité féminine, lorsque l’on sait que les minima sur le plan international se situent à 30%.

Pour atteindre les chiffres évoqués plus haut au Cameroun, il a fallu à la fois appliquer les dispositions du Code électoral et la volonté du président national du RDPC, Paul Biya, principale formation politique du pays de voir accroître le nombre de femmes aux postes électifs.

Encore qu’en ce qui concerne le Code électoral, certains analystes estiment que la disposition sur la prise en compte du genre n’est pas suffisamment contraignante à l’égard des partis politiques. Ainsi, on a pu voir que sur des listes de sept candidats titulaires, certains n’alignaient qu’une femme. Une fois encore, une instruction du président national du RDPC lors des dernières sénatoriales imposait d’avoir au moins deux femmes.

Il apparaît dès lors que l’atteinte du principe de la parité ne peut aisément se faire que dans le cas d’une loi. Et encore ! La France dispose d’une législation en la matière depuis le 6 juin 2000 sur l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités politiques.

Les principaux partis politiques ici préfèrent payer des pénalités, plutôt que de respecter la loi. Pour les uns et les autres, les hommes notamment, l’instauration d’une législation en la matière ressemble plus à un parachutage des femmes dans la sphère politique, alors qu’il faut leur laisser le soin de s’impliquer elle-même.

Il faut dès lors relever que l’atteinte de la parité, si elle est atteinte et même dépassée dans des pays comme le Rwanda, a encore du chemin à faire.
 

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