Crise politique à Madagascar: le gouvernement jette l’éponge

Olivier Mahafaly Solonandrasana et son équipe ont démissionné 24 heures avant l’expiration de l’ultimatum donné par la Haute cour constitutionnelle pour leur départ.

La crise politique qui secoue Madagascar depuis fin avril dernier a connu un nouveau rebondissement avec la démission hier du Premier ministre et de son équipe.

Au cours d’un point de presse donné à Antananarivo, Olivier Mahafaly Solonandrasana a dit quitter son poste dans l’intérêt supérieur de la nation malgache. «Je vais remettre ma démission au président de la République aujourd’hui.

En tant qu’homme d‘État, je ne vais pas me présenter comme un obstacle à la vie de la nation. J’accepte volontiers et avec joie de démissionner. Je n’ai rien à regretter aujourd’hui et je peux partir la tête haute. Je vais partir de ce palais magnifique, je vous dis que ce n’est qu’un au revoir», a-t-il déclaré.

Même si le Premier ministre démissionnaire explique son acte par un souci de permettre à la Grande île de sortir de l’impasse politique actuelle, le président malgache n’avait pas d’autre choix que de lâcher son gouvernement pour sauver son fauteuil.

Acculé de toute part par une opposition de plus en plus frondeuse qui ne demande que son départ et rien de plus, Hery Rajaonarimampianina est depuis vendredi dernier dans le collimateur de la Haute cour constitutionnelle (HCC) qui lui a donné jusqu’à ce mardi pour mettre un terme aux fonctions de son gouvernement.

L’injonction de la haute juridiction malgache a pour but de permettre au pays de surmonter la crise politique actuelle et de permettre la nomination d’un nouveau Premier ministre. Le calendrier mis en place à cet effet par la HCC prévoit  la nomination d’un gouvernement dit de «consensus» au plus tard le 12 juin prochain.

Conformément à l’injonction de la haute juridiction malgache, la prochaine équipe gouvernementale doit refléter les résultats des élections législatives du 20 décembre 2013. Dans les deux camps, ce désirata est l’objet d’une vive polémique d’autant plus que pouvoir et opposition revendiquent chacun la majorité dans une Assemblée nationale où de nombreux élus ont changé de camp.

Andrey Rajoelina, ancien président de transition et leader du parti MAPAR, disposant de 49 élus sur les 151 qui composent cette chambre, pense que le Premier ministre doit être issu de ses rangs. Une situation qui met Hery Rajaonarimampianina en difficulté.

Bien que soutenu par 26 députés indépendants se réclamant pro-régime, le président n’a aucun député issu de son parti, le HVM qui n’existait pas lors des législatives de 2013. Une situation qui semble indiquer que malgré la démission du gouvernement, Madagascar n’est pas prêt de sortir de la zone de turbulences.

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