Croissance économique disparate en Afrique

Le rapport 2016 du FMI présenté mardi à Yaoundé indique que le taux de croissance annuel sera au plus bas, 1,4% mais pourrait remonter à 3% l’an prochain.

« Une croissance à plusieurs vitesses ». Tel est, l’intitulé que le Fonds monétaire international (FMI) a donné à son rapport 2016 sur les perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne. Le document a été présenté mardi à Yaoundé, au cours d’une cérémonie solennelle ayant pour modérateur Alamine Ousmane Mey, ministre des Finances (MINFI) du Cameroun. En substance, le FMI révèle que « le taux de croissance économique de la région devrait descendre cette année à son plus bas niveau depuis vingt ans. Ce taux ne devrait atteindre que 1,4% en 2016 », regrette Céline Allard, chef de la division des études régionales au département Afrique du FMI. Elle précise que ce « rythme est inférieur à celui de la croissance démographique et marque une nette rupture par rapport aux taux de croissance élevés de ces dernières années ».
Sur les causes de ce ralentissement, le FMI indique deux facteurs : la détérioration de l’environnement extérieur, notamment le cours des produits de base qui sont au plus bas et les conditions financières qui se sont sensiblement durcies. Ensuite, la réaction lente et inadéquate des autorités de la plupart des pays touchés par ces chocs externes. Toutefois, d’autres Etats ont fait preuve de résilience, d’où la croissance à plusieurs vitesses. Les pays peu tributaires des exportations des produits de base continuent en effet d’enregistrer de bons résultats. C’est le cas de la Côte d’Ivoire, de l’Ethiopie, du Sénégal et de la Tanzanie qui continuent d’enregistrer des taux de croissance supérieurs à 6%. En face, les pays exportateurs de produits de base dont le pétrole continuent de connaître des conditions difficiles. C’est le cas de l’Afrique du Sud, du Nigéria ou encore de l’Angola.
Le Cameroun, pour sa part, se situe entre les deux extrémités, avec une perspective de croissance de 4,8% en 2016 selon le FMI. Ce, notamment grâce à la diversité de son économie. Mais pour 2017, l’institution de Breton Woods entrevoit une baisse de la croissance nationale à 4,2%, à moins que les pouvoirs publics n’optimisent les réformes fiscales tout en améliorant davantage le climat des affaires. Autrement, la croissance du Cameroun sera en déphasage avec celle de la région qui, globalement, devrait connaître une « modeste » embellie, passant de 1,4% en 2016 à 3% en 2017. Ce, à condition bien sûr que « des mesures décisives soient prises » : des ajustements budgétaires vigoureux ; des réformes structurelles pour améliorer la compétitivité et la diversité de l’économie ; le renforcement de l’intégration physique dans les sous-régions, etc.
 

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