Conflit Ethiopie-Erythrée: Addis-Abeba sort le drapeau blanc

 Le gouvernement a décidé de mettre un terme au différend frontalier avec son voisin.

Dans un communiqué rendu public lundi soir sur son compte Facebook, la principale coalition EPRDF au pouvoir en Ethiopie a pris un train de mesures marquant un virage important dans l’histoire de ce pays de la Corne de l’Afrique. Le nouveau gouvernement éthiopien a ainsi décidé de mettre un terme au conflit avec l'Erythrée.

«Le gouvernement éthiopien a décidé de mettre en oeuvre l'accord d'Alger signé en 2000 pour mettre fin au conflit entre les deux pays», souligne le communiqué. Par ce geste d’apaisement, le Premier ministre, Abiy Ahmed tient une promesse de campagne, mais souhaite que son voisin saisisse cette main tendue.

«Le gouvernement érythréen devrait adopter la même position sans condition préalable et accepter notre appel à restaurer la paix trop longtemps perdue entre les deux pays frères, comme c'était le cas auparavant», poursuit le texte.

L’indépendance de l'Erythrée en 1993, a fait perdre à l'Ethiopie son unique façade maritime sur la mer rouge. Entre 1998 et 2000, les deux voisins se sont livré une guerre fratricide qui a laissé pas moins 80 000 morts sur le carreau. Principale pomme de discorde : la démarcation de leur frontière.

Malgré l’accord de paix signé fin 2000 à Alger et le tracé de la frontière par la Commission d'arbitrage soutenue par l'Organisation des Nations unies (ONU) attribuant, à l'Erythrée, l'Ethiopie a continué jusqu'à présent à occuper cette localité.

Dans la foulée, le gouvernement éthiopien a également levé l’état d’urgence en vigueur dans le pays depuis février dernier. Décidée par la précédente équipe,  cette mesure d’exception visait à faire face à la vague de manifestations qui secouait le pays depuis plusieurs mois.

Dans sa politique d’ouverture, le régime d’Addis-Abeba a également décidé de la libération de blogueurs et d’opposants politiques et du rétablissement de l’Internet. Issu de l’ethnie Oromo, la plus importante du pays, la plus frondeuse aussi, Abiy Ahmed multiplie des gestes d’ouverture dans une Ethiopie profondément marquée par des clivages ethniques.

Parmi les mesures prises par les autorités éthiopiennes, figure en bonne place l’ouverture du capital de plusieurs grandes entreprises publiques au secteur privé. La compagnie de transport aérien Ethiopian Airlines et la société de télécoms Ethio Telecom sont les plus concernées par cette mesure, même si l’Etat garde la majorité des parts dans leur capital.

Le communiqué explique «cette ouverture au secteur privé doit permettre aux citoyens éthiopiens vivant à l'étranger, qui souhaitent depuis longtemps participer au développement de leur pays, ainsi qu'aux étrangers avec leur savoir-faire et leurs devises, de jouer un rôle positif dans notre croissance».

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