A contrôler

Regard

L’Afrique centrale, entendue comme la Communauté des économiques des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) avec sa dizaine de pays membres, est assurément la partie du continent où la circulation des armes légères et de petit calibre fait le plus de dégâts.

Aucun des pays membres de cet ensemble, ou presque, n’est à l’abri de ces engins facilement transportables, mais qui causent des dégâts énormes.

On peut donc comprendre la volonté affichée par ces pays de prévenir, combattre et éliminer dans leur sphère géographique, le trafic illicite de cens engins.

C’est d’ailleurs l’un des premiers objectifs de la Convention qui a été adoptée le 30 avril 2010 dans la capitale de la République démocratique du Congo sous l’appellation de « Convention de Kinshasa » et qui est entrée en vigueur l’année dernière. Il convient donc de le rappeler, aucun des onze Etats membres de cet espace continental n’est épargné par l’usage incontrôlé des armes de petit calibre.

Lorsqu’il ne s’agit pas d’actes mettant en péril l’intégrité de certains pays, c’est le grand banditisme qui fait usage de ces armes, dont certaines sont fabriquées de façon artisanale. Les chiffres avancés à l’ouverture des travaux de Yaoundé ont en effet de quoi inquiéter : environ 10 millions d’armes légères circulent dans la sous-région. Et ce, de manière incontrôlée.

Au Cameroun, pays jusqu’alors reconnu comme havre de paix, la situation insurrectionnelle dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les incursions de bandes armées venues de la République centrafricaine voisine et même la secte terroriste Boko Haram ont amené les autorités publiques à réagir.

C’est pourquoi on peut fort logiquement comprendre la décision prise le 4 avril 2018 par le ministre de l’Administration territoriale (MINAT), Paul Atanga Nji d’interdire les activités des armureries ouvertes dans six des dix régions du Cameroun et de procéder à un inventaire des différentes armes en circulation.

Car comment, et de l’avis de ce membre du gouvernement qui rencontrait les responsables de ces structures quelques semaines plus tard, comprendre que près de 30 000 armes et munitions étaient en circulation dans le pays pour moins de 4 000 autorisations délivrées ? Comment ces instruments se retrouvent-ils entre des mains non autorisées et pour quel usage ?

Outre la situation décriée plus haut dans certaines parties du pays, l’utilisation non contrôlée des armes légères et de petit calibre dans notre pays a notamment favorisé le grand banditisme dans nos métropoles, l’action des coupeurs de route.

Il était plus que jamais temps pour les pouvoirs publics de chercher à voir clair dans la détention de ces outils dont l’utilisation finit souvent par échapper aux autorités.

Un contrôle qui devrait être l’apanage de la plupart des Etats de la sous-région, au regard de la porosité de nos frontières.

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