« Je m’en sors très bien »

Landry Onana, Spécialiste en entretien des chaussures en cuir et en daim.

Vous vous êtes spécialisé dans l’entretien des chaussures. Comment les traitez-vous ?

Pour traiter une chaussure, le cuir en général, il y a un certain nombre de produits qu’il faut utiliser. Parce qu’il y a plusieurs types de cuir : à base de peau d’animaux, à base de plastique, ou de la sciure. Concernant leur traitement, je travaille avec des gants, en plus du matériel approprié, j’utilise un liquide spécifique, notamment l’alcool. En effet, vous pouvez avoir de belles paires de chaussures en cuir et en daim, mais si vous n’avez pas la maîtrise de leur entretien, la chaussure perd son éclat en un laps de temps.

Comment vous est venue l’idée d’en faire un métier ?

Au début, j’étais vendeur de chaussures et de vêtements dans une boutique de la ville. Puis, je me suis demandé, si en plus de vendre, je ne pouvais pas les traiter. Parce que j’ai toujours eu cet amour pour l’habillement, j’ai appris le travail sur le tas. Et vu les sollicitations dont j’étais l’objet, il m’est alors venu l’idée d’en faire un métier : « maître cuir et daim ». D’où mon entrée dans cette activité. Je me suis rendu compte que nous jeunes, attendons tout du gouvernement. De plus, nous avons un taux de chômage très élevé dans notre société. Ce qui nous oblige parfois à nous remuer les méninges pour trouver un emploi. Alors, je me suis dit que je pouvais en faire mon gagne-pain.

Est-ce un métier qui paie bien au point que vous pourriez encourager d’autres jeunes à y faire carrière ?

Bien-sûr ! Vous savez, dans l’entreprenariat, le tout réside dans l’organisation. Si on a établi un bon bilan de revenu, tout ira pour le mieux. La preuve en est que je m’en sors très bien. Parce que j’ai centré mon activité sur les chaussures de marque, ma clientèle se situe beaucoup plus dans les ministères.  Et pour encourager d’autres jeunes, je suis prêt à aider ceux-là qui veulent embrasser cette activité : devenir bottier ou maître cuir. Etant donné que j’ai assez d’expérience dans le domaine. 

Quelle est la différence entre ce que vous faites et les cordonniers qu’on voit dans les quartiers ?

La différence entre les cordonniers du quartier et moi est que je reste professionnel. Vous allez constater que lorsque vous amenez vos chaussures chez le cordonnier, ils ont toujours tendance à introduire leurs mains dans vos chaussures. Encore que vous ne savez pas combien de paires de chaussures ils ont touché depuis le matin. Ce qui introduit des microbes à l’intérieur de vos chaussures, et vous laisse avec des infections lorsque vous portez votre chaussure. Et avec le temps, ça devient des maladies. C’est pourquoi vous verrez certaines personnes avec des ongles qui se cassent ou qui quittent complètement. Donc voilà autant de choses. Bien plus, lorsque vous envoyez vos chaussures pour les faire traiter, la plupart des cordonniers utilisent de l’eau. Or il y a des détergents, des pâtes appropriées à ces matières-là. D’où la différence entre nous.

 

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