« Les manuels seront sur le marché dans les délais »

Pr Marcellin Vounda,  Secrétaire permanent du Conseil national d’agrément des manuels scolaires et matériels didactiques.

Quels sont les critères qui ont présidé au choix des manuels scolaires retenus par le MINEDUB et le MINESEC ?

Nous sommes partis du décret du Premier ministre du 23 novembre 2017 prescrivant le retour au livre unique. Par la suite, en mars 2018, il a publié une critériologie sur trois points : les aspects physiques et matériels, le contenu et le prix. Voilà en gros ce qui a prévalu du point de vue de l’orientation politique. Et du point de vue technique, nous avions une commission qui avait la capacité de juger des aspects physiques et matériels des ouvrages, parce que composée d’experts en édition, mais aussi pouvant se prononcer rationnellement sur les prix des manuels. Lorsque nous avons ainsi pu sélectionner les meilleurs ouvrages, nous avons eu une rencontre avec les éditeurs le 16 mai dernier pour régler deux problèmes. Nous mettre d’accord définitivement sur les prix et l’approvisionnement du marché dans les délais. A l’heure qu’il est, tous les éditeurs dont les livres ont été sélectionnés, ont signé un engagement sur l’honneur à tout faire pour approvisionner le marché dans les délais et à respecter les prix qu’ils ont consenti sur les différents manuels.

Tous les manuels retenus répondent-ils aux critères que vous venez d’énoncer ?

Nous avons retenu les manuels autant que cela était possible, mais si vous regardez les listes, vous allez voir qu’il y a des disciplines pour lesquelles il n’y a pas de manuel. C’est le cas pour les ouvrages de géographie et d’histoire au second cycle de l’enseignement secondaire général francophone, vous verrez qu’il n’y a pas de manuel adapté parce que dans l’évaluation des contenus, pour qu’un manuel soit retenu, il devait couvrir au moins 75% du programme et le programme, c’est la déclinaison des différentes leçons. Et ce programme est contenu dans un document de l’inspection générale de pédagogie. Et quand on voulait évaluer le taux de couverture du programme, on se référait à un document signé des ministres de l’Education de base et des Enseignements secondaires. Pour voir si le livre correspondait du point de vue des contenus au programme en vigueur.

Quelle sera la suite pour ceux qui n’ont pas été retenus ?

La suite, c’est qu’il va falloir rester vigilant, parce que la difficulté économique est réelle pour ceux des éditeurs qui n’ont pas été retenus. Nous en avions 80 qui ont soumissionné et avant cette année, ils étaient plus de 120 sur les listes. Et tous étaient agrées pour une période de trois ans. Et la plupart, quand ils ont un temps aussi long, font des stocks pour ne pas avoir à imprimer année après année. Beaucoup se sont plaints parce qu’ils avaient des stocks, et espéraient un moratoire de deux ans du Premier ministre pour qu’ils les écoulent, mais ce n’était pas possible.
Maintenant, il faut redouter que de nombreux éditeurs ne renoncent pas définitivement à leurs stocks, et fonctionnent avec le manuel scolaire comme cela se fait avec les boîtes de conserve et les médicaments périmés, qu’on essaie de vendre même quand la date de péremption est passée. Le deuxième risque c’est que  la contrefaçon des livres agréés augmente parce que le marché sera plus grand. Il y a d’autres moyens de faire circuler le manuel scolaire que la librairie. Nous voulons avoir avec les libraires, les éditeurs et les diffuseurs un échange franc  sur les conditions de sécurisation du marché.
 

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