Cinéma: le patrimoine de « la cuillère cassée »

Le film d’animation de Claye Edou actuellement dans les salles obscures africaines s’inspire du conte de Charles Binam Bikoi et Emmanuel Soundjock.

Depuis le dimanche, 10 juin dernier, le film d’animation musical camerounais « Minga et la cuillère cassée » est en projection sur tout le réseau Canal Olympia. Sept pays africains donc, dans lesquels le long métrage entièrement réalisé et produit au Cameroun est en sortie officielle.

Et sur sa terre natale, l’œuvre du jeune réalisateur et producteur Claye Edou, avec sa maison Cledley Productions, est visible dans les salles de Douala et Yaoundé. « Minga et la cuillère cassée », 25 millions de F de budget, est une libre adaptation du conte pour enfants « La cuillère cassée » du Pr Charles Binam Bikoi et du regretté Emmanuel Soundjock publié en 1977.

« Minga et la cuillère cassée », en 1h20mn, raconte l’histoire d’une orpheline chassée de la maison familiale par sa marâtre, parce qu’elle a cassé une cuillère. Ce film d’animation musical en 2D est une expérience plutôt réussie pour un premier essai, autant au niveau du réalisateur, des techniciens que des acteurs, une équipe d’une cinquantaine de personnes au total.

« Minga et la cuillère cassée », c’est trois ans et demi de travail, 1200 dessins, 600 décors qui donnent vie à la forêt équatoriale et des numéros musicaux élaborés avec le compositeur Pierre Ngome et le parolier Richardo Ebong Njoh. Parlant de musique, un CD de la bande originale du film est disponible. Avec en vedette le titre « La cuillère cassée » interprété par Dynastie Le Tigre.

D’autres morceaux sont chantés par les acteurs qui ont prêté leur voix aux personnages. Comme Danielle Bonam, la voix de Minga, Alexis Bell qui est Lobe et Anicet Simo qui offre ses cordes vocales au devin Bakam.

Et même si elle n’a pas chanté, Anthericis Riema a admirablement su adapter son timbre au tempérament négatif et à l’expression ombrageuse de Mami Kaba, la marâtre. Expérience positive pour Claye Edou qui compte bien rester dans l’animation et explorer d’autres contes, mythes et légendes du patrimoine camerounais.

Mais d’abord, le réalisateur se concentre sur le destin de « Minga et la cuillère cassée ». Aventure lancée lors de la première mondiale de l’œuvre le 25 novembre 2017 à Douala. Il y a aussi eu un voyage pour le Maroc au Festival international du film d’animation de Meknès (FICAM) en mars dernier et une tournée dans les 12 antennes de l’Institut français du royaume chérifien.

Le long métrage était également au Canada en avril pour le festival Vues d’Afrique. Il est attendu en Côte d’Ivoire en juillet et à Lausanne en Suisse en août. Et au pays, il est en compétition dans trois catégories aux Ecrans noirs qui se tiendront du 14 au 22 juillet 2018 à Yaoundé.

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