Culture, commercialisation et consommation des drogues: le plan de lutte du gouvernement

L’intégralité du propos liminaire du ministre de la Communication lors de son point de presse d’hier à Yaoundé.

« Mesdames et Messieurs les journalistes ;

Il me plaît de vous souhaiter une chaleureuse bienvenue au ministère de la Communication, dans le cadre de cette communication gouvernementale placée sous la haute coordination du Premier ministre, chef du gouvernement, Son Excellence Monsieur Philemon YANG, et destinée à sensibiliser l’opinion nationale sur les graves fléaux que constituent la culture, la commercialisation et la consommation du cannabis et des autres substances psycho-actives, encore appelées stupéfiants.

Le Gouvernement, par ma voix, vous exprime d’ores et déjà, sa pleine gratitude pour le large écho et la grande visibilité que les médias nationaux ont assurés à la campagne officielle d’information, d’éducation et de sensibilisation de nos populations sur les dangers publics et sociétaux que représentent les filières nocives, pernicieuses et illicites consacrées aux activités de culture, de commercialisation et de consommation du cannabis et de toutes les drogues qui font des ravages au sein de nos communautés, et, notamment, en milieu jeune.

Ladite campagne de mobilisation nationale contre la drogue, véritable ennemi public N°1 pour l’épanouissement de la jeunesse camerounaise, et pour la sécurité, l’équilibre et la stabilité de notre Nation, a été lancée le 22 janvier 2018, par le Comité interministériel de lutte contre la culture du cannabis, placé sous l’autorité directe du Premier ministre, chef du gouvernement, et présidé par Monsieur le Secrétaire général des Services du Premier ministre. Elle a été jusqu’à date, animée par plusieurs départements ministériels sectoriels et institutions d’Etat :

- le ministère de l’Education de base, qui envisage déjà d’introduire le tabagisme, la drogue et l’alcoolisme dans les curricula scolaires ;

- les parlementaires réunis autour d’un réseau actif de lutte contre le tabagisme avec une composante de lutte contre les fléaux sociaux et la drogue ; - les ministères en charge des Affaires sociales, de la Santé publique, de l’Education physique et des Sports, de la Planification et de l’Education, qui ont entrepris d’appliquer la politique des espaces 100% sans fumée dans leurs services centraux et déconcentrés ;

- le ministère de la Santé publique, engagé dans un processus de mise en place progressif des Unités spécialisées de Soins et de Prévention dans les formations sanitaires ;

- le ministère en charge de l’Agriculture, engagé dans la mise en oeuvre des programmes de promotion des cultures de substitution plus saines (haricots, tomates, oignons, pommes de terre, céréales et tubercules…) ;

- les administrations en charge des questions de sécurité dont l’ampleur des saisies atteste de leur détermination à éradiquer la circulation des stupéfiants ; - le ministère de la Justice dont les statistiques des affaires enrôlées sur ce fléau sont assez évocatrices ;

- le ministère de la Jeunesse et le ministère des Enseignements secondaires, qui sont engagés dans la lutte en permanence ;

- le ministère de la Communication et les médias relevant de sa tutelle, qui apportent un précieux concours aux actions de sensibilisation que mène le Comité interministériel de lutte contre la culture du cannabis pour le compte du Gouvernement. La présente rencontre avec les professionnels des médias est une occasion idoine pour le Gouvernement, non seulement, de présenter de façon exhaustive, les effets dévastateurs créés par l’usage des drogues au Cameroun, mais aussi et surtout, de faire le bilan des diverses activités pugnaces prescrites par le président de la République, chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, et mises en oeuvre sous la houlette du Premier ministre, chef du gouvernement.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Comme vous le savez, le Cameroun s’apprête à vivre un grand moment majeur de son histoire avec l’élection présidentielle du 07 octobre 2018. Il me revient fort opportunément de rappeler quelques éléments contextuels, illustratifs de la gravité de la situation inhérente à l’amplification, à l’usage abusif et la banalisation du trafic et de la consommation des drogues dans notre pays.

Des jeunes camerounais enrôlés dans les rangs de Boko Haram, manipulés, instrumentalisés, et drogués à la folie, ont été transformés en de véritables machines à tuer, devenant ainsi des barbares déshumanisés qui ont semé la mort et la désolation pendant de longs mois dans la partie septentrionale du pays. La situation de crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, depuis le mois de novembre 2016, illustre à suffire le caractère inédit et désolant des effets de la consommation des drogues par nos jeunes compatriotes.

Sous l’effet des divers stupéfiants et dans le tourbillon de la manipulation terroriste-sécessionniste, et, des artifices fétichistes, des jeunes, se croyant blindés par les effluves des drogues et par des amulettes, ont perpétré des actes d’une violence inouïe, s’attaquant aux édifices publics, aux installations industrielles stratégiques, aux bâtiments d’établissements scolaires, avec, dans la foulée, comme vous le savez, la profanation des symboles de la République, des attentats terroristes à la bombe et aux cocktails Molotov, des destructions de biens et des propriétés appartenant aux personnalités et aux autorités publiques. Plus graves encore, des assassinats abominables des éléments des Forces de défense et de sécurité, des assassinats des autorités traditionnelles, des assassinats des populations civiles réfractaires aux mots d’ordre de désobéissance civile.

Toujours sous l’effet des drogues, ces jeunes font usage d’armes de guerre et autres arsenaux militaires dans différentes localités des Régions sous tension. Quand, à tout ce qui précède, s’ajoutent la dépérisation de la vie de centaines de jeunes camerounais, la déperdition scolaire et universitaire, ainsi qu’un taux de mortalité de plus en plus élevé en milieu jeune, le tout à cause de la consommation de la drogue ; Vous conviendrez avec moi, qu’à l’instar de la plupart des pays au monde, le Cameroun n’échappe pas à la force destructive de ce fléau qu’est la drogue, tant les connexions entre la culture, le trafic et la consommation des stupéfiants et le terrorisme, sont une réalité vivante des temps modernes. Hélas, une réalité qui menace la cohésion de nos familles et de notre société !

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Le Comité national de lutte contre la drogue est formel : 21% de la population a déjà expérimenté une drogue dure, 10% en sont des usagers réguliers dont 60% des jeunes âgés de 20 à 25 ans. Les principales substances primaires les plus demandées au Cameroun sont, tenez-vous bien : le cannabis à hauteur de 58,54%, très souvent associé au tabac ; le tramadol dans 44,62% des cas, la cocaïne sur 12,10% des cas ; ensuite, viennent l’usage des préparations traditionnelles de fortune pour un niveau de consommation de 7,59% des cas, les solvants pour 7,36% des cas, et, l’héroïne consommée à 5,70% des cas. Il y a surtout lieu de préciser ici que plus de 12 000 jeunes âgés de moins de 15 ans sont concernés par l’usage des stupéfiants et des produits psychotropes dans notre pays.

Par ailleurs, au regard de nombreuses saisies de cocaïnes, d’héroïne, d’amphétamines et de médicaments psychotropes enregistrées ces dernières années, le Cameroun jadis considéré par les Nations Unies comme un pays de transit, se trouve actuellement être un pays de destination des drogues. Il est en effet démontré, qu’une partie importante des saisies de stupéfiants réalisées dans le pays est destinée à la consommation locale. Mesdames et Messieurs les journalistes, Il va sans dire que le Gouvernement a su prendre des mesures appropriées en vue d’anticiper et de juguler l’ampleur du phénomène ainsi décrié. Je citerai, sans être exhaustif, d’abord les actions grandement menées au sommet de l’Etat, par le président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA :

- la ratification des différentes conventions des Nations Unies sur les stupéfiants, les substances psychotropes et les précurseurs ; - la création en 1992 d’un Comité national de lutte contre la drogue, placé auprès du ministère de la Santé publique et davantage tourné vers les préoccupations liées à la prise en charge psycho-clinique et sociale des usagers de drogues ;

- la promulgation de la loi N°97 / 019 du 07 août 1997, relative au contrôle des stupéfiants, des précurseurs, à l’extradition et à l’entraide judiciaire en matière de trafic des stupéfiants, des substances psychotropes et des précurseurs, qui réprime la détention, la production et le trafic des drogues ;

- la création et la mise en place des structures spécialisées dans les administrations de la police, de la gendarmerie, des eaux et forêts et des douanes.

Depuis le mois de janvier 2018, comme je l’indiquais précédemment, le Gouvernement a lancé une vaste campagne de communication de masse sur le problème de drogue et de toxicomanie en milieux jeune et communautaire. Cette campagne, sur les Hautes directives du Premier ministre, chef du gouvernement, va désormais être permanente.

Au demeurant, malgré de nombreux efforts qui matérialisent la volonté manifeste et constante du Gouvernement à lutter contre le fléau mondial qu’est la drogue, la vulgarisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication contribue à accroître : la production du cannabis dans toutes les Régions du pays, en favorisant l’accessibilité des jeunes aux drogues ; le développement des activités de commercialisation illicite de substances psychotropes et stupéfiantes de synthèse ; ainsi que la tendance à la généralisation de la consommation locale des stupéfiants et des substances psychotropes en général.

En réponse aux limites identifiées et qui font obstacle à la mise en oeuvre des activités de lutte contre la culture, la commercialisation et la consommation du cannabis et de tous les autres stupéfiants dans notre pays, le président de la République, Son Excellence Paul BIYA a fermement prescrit la mise en place d’une véritable ceinture de sécurité, par une application stricte et rigoureuse du cadre réglementaire, ainsi que la mobilisation générale de toutes institutions de l’Etat et de toute la communauté nationale, face à ce fléau qui constitue une menace grave pour l’avenir de notre jeunesse en particulier, et de notre pays en général.

Je vous remercie de votre aimable attention./ ».

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