Un partenaire stratégique

Le président Paul Biya ambitionne de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035. Pour atteindre ce niveau de développement enviable, le pays ne saurait compter sur ses seules ressources. Il a besoin d’être accompagné par des partenaires sûrs, comme cela a été le cas avec les autres nations qui ont accédé à ce statut avant lui. Parmi ces partenaires figure en bonne place la Chine.

En effet, faut-il le relever pour le souligner à grands traits, l’Empire du milieu occupe aujourd’hui une place de choix dans le réseau des relations entre le Cameroun et les pays étrangers.

Le nombre de voyages (sept) déjà effectué en Chine par le chef de l’Etat camerounais ces dernières années témoigne de l’intensité de cette relation amicale et particulièrement dynamique.

L’observation montre que la coopération économique entre la Chine et le Cameroun, qui s’inscrit dans le sillage de la percée de la Chine en Afrique, a pris une ampleur inattendue au cours de la dernière décennie.

Cette coopération « gagnant-gagnant » permet au Cameroun de rattraper progressivement son important déficit infrastructurel dans divers domaines, la Chine étant impliquée d’une manière ou d’une autre dans la réalisation de bon nombre de projets structurants, à l’instar de la construction du port en eau profonde de Kribi, du barrage-réservoir de Lom-Pangar, des barrages hydroélectriques de Memve’ele et de Mekin ; de la pose de la fibre optique ; des travaux de construction des autoroutes Yaoundé-Douala et d’une partie de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, de la construction des hôpitaux gynéco-obstétriques dédiés prioritairement à la santé de la mère et de l’enfant à Yaoundé et à Douala, sans oublier certaines infrastructures sportives.

Bref, grâce à la Chine, le Cameroun est en train de jeter les bases de la transformation structurelle de son économie en mettant en place les fondations nécessaires à son industrialisation, passage obligé vers l’émergence. Une dynamique que le pays n’avait pas réussi à enclencher avec ses traditionnels partenaires occidentaux.

La Chine apparaît aussi comme le premier pays pourvoyeur de fonds au Cameroun. Ses interventions directes sont estimées à plus de 3 000 milliards de F depuis 2007, à travers des instruments financiers tels que des prêts et des dons. L’avenir de cette relation est prometteuse, à la lumière des premières retombées du séjour actuel du président Paul Biya en Chine dans le cadre du 3è Sommet du Forum de coopération Chine-Afrique.

Lors du tête-à-tête entre Xi Jinping, le dirigeant chinois, et Paul Biya, vendredi dernier au Grand Palais du Peuple, le président camerounais a salué « les multiples dons et appuis que la Chine accorde au Cameroun », avant de plaider pour un accroissement de cet accompagnement. C’est ainsi qu’il a sollicité l’annulation de la dette du Cameroun vis-à-vis de la Chine.

Dans ce plaidoyer, Paul Biya a rappelé que cette restructuration de la dette permettra au Cameroun de faire face aux charges générées par la lutte contre l’insécurité et l’aide aux réfugiés venus des pays voisins. Par ailleurs, l’engagement de la Chine à participer à la réalisation de trois projets autoroutiers en cours d’exécution au Cameroun (Yaoundé- Douala, Yaoundé-Nsimalen et Edéa-Kribi), va permettre au Cameroun de marquer un pas supplémentaire et décisif sur la voie du décollage économique.

En outre, les deux accords de coopération signés vendredi dernier vont, d’une part, renforcer l’offre de soins de santé au profit des populations, et, d’autre part, associer le Cameroun au méga projet de « Nouvelle route de la soie », initié par la Chine pour construire des infrastructures afin de relier la deuxième puissance économique mondiale par la mer et par la terre à plus de 60 pays dont la majorité est en voie de développement. En dernière analyse, le partenariat stratégique avec la Chine accélère l’entrée du Cameroun dans la globalisation de l’économie.

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