Le Cameroun au coeur de la « Nouvelle route de la Soie »

A l’issue de la rencontre Xi Jinping-Paul Biya vendredi dernier au Grand Palais du Peuple, les deux pays ont signé deux nouveaux accords de coopération.

Avant l’ouverture ce matin du Forum Chine-Afrique, le chef de l’Etat camerounais qui conduit la délégation camerounaise à cette grande rencontre entre l’Empire du Milieu et le continent africain, fait déjà gagner au Cameroun les bons points de sa présence en Chine.

Aussitôt arrivé à Pékin vendredi en fin de matinée, Paul Biya a mis à profit son séjour pour s’entretenir avec son homologue chinois Xi Jinping. La rencontre qui s’est déroulée au Grand Palais du Peuple, lieu devenu très familier au dirigeant camerounais, s’est muée en une séance de travail entre les parties camerounaise et chinoise.

Paul Biya, accompagné de sa suite officielle, est accueilli au palais présidentiel chinois par son homologue Xi Jinping. Les deux hommes d’Etat qui s’étaient rencontrés en tête-à-tête il y a juste cinq mois dans l’antre de ce lieu mythique et emblématique de la Chine, se sont félicités de ces retrouvailles conviviales et chaleureuses.

En souhaitant la bienvenue en Chine à son homologue camerounais, le président Xi Jinping a exprimé sa satisfaction de voir le président Paul Biya revenir en Chine, après sa visite d’Etat effectuée du 22 au 24 mars dernier dans son pays.

Ce séjour, rappelle-t-il, avait contribué à l’approfondissement et à l’intensification de la coopération sino-camerounaise. Paul Biya saisira d’ailleurs la balle au bond pour se féliciter des acquis et de l’abondante moisson charriés par cette visite.

Puis, il a salué « les multiples dons, assistances et appuis que la Chine accorde au Cameroun ». Cependant, le chef de l’Etat camerounais dont le pays est de plain-pied dans la construction de son émergence, plaide pour un accroissement de ces appuis. C’est ainsi qu’au nom de la « forte amitié sinocamerounaise », il sollicite l’annulation de la dette du Cameroun vis-à-vis de la Chine.

Dans ce plaidoyer, Paul Biya rappelle que cette restructuration de la dette pourra permettre à son pays de faire face aux charges qu’imposent la lutte contre l’extrémisme violent et les velléités sécessionnistes, ainsi que l’accueil sur le sol camerounais des réfugiés, fuyant les conflits dans les pays voisins.

Face à son homologue chinois, Paul Biya s’est voulu concret. Afin économique de son pays, il a sollicité les appuis de la Chine pour financer, « à brève échéance », les trois projets autoroutiers en cours d’exécution au Cameroun : Yaoundé- Douala, Yaoundé-Nsimalen, Edéa-Kribi.

Une demande qui a reçu un avis favorable de la Chine puisque, selon un officiel de la suite officielle camerounaise, la partie chinoise s’est engagée à participer à la réalisation des projets énumérés par le chef de l’Etat camerounais.

Paul Biya exprimera enfin la gratitude de son gouvernement et du peuple camerounais à la Chine pour sa participation à hauteur de 20 millions de Yuans (soit plus de 1,7 milliard de F) au Plan d’assistance humanitaire d’urgence initié par le chef de l’Etat en faveur des populations des régions du Nord- Ouest et du Sud-Ouest, victimes de la barbarie des groupes armés qui revendiquent la partition du Cameroun.

Accords de coopération

Après cet échange de civilités la rencontre entre les deux chefs d’Etat entourés des membres de leurs délégations respectives, a connu un autre moment crucial : la signature par les deux parties de deux accords de coopération.

Sous les regards de Xi Jinping et de Paul Biya, le ministre Alamine Ousmane Mey (Minepat) a signé pour le compte du Cameroun, l’accord de coopération et d’assistance technique au bénéfice de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, de l’hôpital régional de Buea et de l’hôpital de Mbalmayo.

Pour sa part, le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella a procédé avec son homologue chinois à la signature pour le compte du Cameroun, d’un mémorandum d’entente sur l’initiative chinoise de la « Ceinture et la Route ».

Par cet accord, le Cameroun entend s’associer à cet ambitieux programme initié par la Chine pour construire des infrastructures routières, maritimes, ferroviaires, portuaires et des parcs industriels dans l’optique de relier la Chine, par la mer et par la terre, à plus de 60 pays, majoritairement des pays en développement.

Plus de la moitié des investissements prévus par la Chine dans le cadre de ce projet iront en Afrique. Annoncé en 2013 par le président Xi Jinping, ce nouveau modèle de co-développement est encore appelé « Nouvelle route de la soie ». Le Cameroun n’entend donc pas rester à l’écart de cette nouvelle locomotive du développement.

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