Libye: l’escalade de la violence

Des affrontements meurtriers entre milices rivales ont fait plusieurs dizaines de morts la semaine écoulée.

Au cours des derniers jours, la situation sécuritaire en Libye s’est particulièrement dégradée. Trente-neuf personnes ont été tuées et une centaine d'autres blessées, pour l'essentiel des civils.

C’est Tripoli la capitale libyenne qui est le théâtre d'affrontements meurtriers entre milices rivales. Les principaux belligérants sont la garde présidentielle loyale au gouvernement d'union nationale qui se bat contre la 7e brigade qui vient de la ville de Tarhouna à 60 km au sud-est de Tripoli.

Les deux milices se battent pour l'accès au pouvoir, le contrôle de certains lieux stratégiques de la capitale et l'accès aux ressources financières issues du pétrole. Le bras de fer entre les deux milices a provoqué une grande désapprobation aussi bien en Libye qu’en dehors. Londres, Paris, Rome et Washington ont notamment dénoncé l'escalade de la violence.

Les gouvernements américain, britannique, italien et français ont même mis en garde tous ceux qui tentent d'affaiblir les autorités libyennes qu'ils « auront à répondre de leurs actes ». Les quatre pays exhortent tous les groupes armés à "cesser immédiatement" toute action militaire.

Toujours est-il qu’en fin de semaine écoulée, jeudi et vendredi, deux tentatives d'établir une trêve ont échoué. Cet échec a notamment mis en relief l'incapacité du chef du gouvernement d'union nationale, Fayez al-Sarraj à contrôler les différents groupes armés. Sur le terrain la situation reste tendue.

Ainsi, des roquettes ont de nouveau été tirées sur Tripoli samedi après-midi. L'une d'entre elles est tombée sur un hôtel du centre-ville et a fait au moins 3 blessés.

Vendredi déjà, le seul aéroport encore fonctionnel à Tripoli a essuyé des tirs de roquettes qui ont obligé les autorités à suspendre les vols pour au moins 48h. Autant dire que depuis près d’une semaine, les populations de Tripoli vivent dans l’angoisse et l’inconfort.

Du reste c’est n’est plus guère une nouveauté. En effet depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, Tripoli est au coeur d'une lutte d'influence entre milices en quête de pouvoir.

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