TIC: les lignes bougent

Au cours du septennat 2011- 2018, les infrastructures, le taux de pénétration et d’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC) se sont améliorés dans les ménages, les administrations et les entreprises. Cette évolution remarquable est la conséquence de l’impulsion donnée par le chef de l’Etat qui a fait de la réduction de la fracture numérique l’un de ses chevaux de bataille.

C’est le 31 décembre 2015 en effet qu’en s’adressant à la nation, Paul Biya avait placé le développement de l’économie numérique au coeur des préoccupations des pouvoirs publics.

Il affirmait alors qu’ « …Il nous faut rattraper au plus vite notre retard dans le développement de l’économie numérique », présentant celle-ci comme « un véritable accélérateur de croissance, en plus d’être une véritable niche d’emplois nouveaux pour la jeunesse ».

Le président de la République avait également relevé que le développement des infrastructures de communications et de télécommunications fait partie des conditions à remplir pour une véritable industrialisation du Cameroun. Après cette interpellation, le gouvernement s’est mis au travail pour traduire la vision présidentielle dans les faits.

C’est ainsi que des projets ont été réalisés dans les trois domaines- clés de l’économie numérique, à savoir les TIC, les télécommunications et la poste.

L’objectif à atteindre est triple : construire des infrastructures de télécommunications et des TIC de qualité, appelées à supporter le développement de l’économie numérique ; favoriser l’accès aux réseaux et services modernes de télécommunications/TIC de qualité et à moindre coût à toutes les couches de la population, quelle que soit leur position géographique ; arrimer la poste aux exigences de l’économie numérique et favoriser l’accès généralisé aux produits et services postaux modernes sur toute l’étendue du territoire national.

Il est évident que des avancées considérables ont été enregistrées au niveau de la couverture du territoire national tant par les réseaux téléphoniques que par l’accès à l’Internet et aux services postaux modernes.

Par ailleurs, les coûts d’accès aux services ont baissé de manière significative. Concrètement, les infrastructures liées aux TIC se sont améliorées, les capacités des câbles sous-marins ayant été augmentées pour le SAT3 en 2016, le WACS en 2017 et le SAIL en 2018 pour une meilleure connectivité du Cameroun à l’international.

En outre, le Cameroun dispose actuellement d’un linéaire total d’environ 12 000 km de fibre optique interurbaine, contre 2 150 km avant 2012, soit 209 sur 360 arrondissements et 52 départements sur 58 desservis par la fibre optique, avec des bretelles vers les pays voisins (Tchad, Gabon, Guinée équatoriale, RCA et Nigeria).

La pénétration de la téléphonie mobile et de l’Internet au sein de la société est l’autre fait majeur à relever. Le segment des lignes téléphoniques fixes s’est amélioré, passant de 52 229 abonnés en 2010 à 71 463 en 2016. On comptait la même année 18 819 852 abonnés au téléphone mobile, soit un taux de pénétration de 83% contre 44% en 2010.

L’accès à l’Internet est quant à lui passé de 0,24% en 2011 à 35,43% environ en 2016. L’indice de développement des TIC est passé de 2,030 à 3,852 entre 2014 et 2017.

Par ailleurs, il y a un meilleur accès des ménages aux TIC à travers la possession accrue du téléphone : 89% de ménages (au moins sept ménages sur 10, quelle que soit la région, 98% en milieu urbain, 84% en milieu rural, 99% à Douala et 65% à l’Est). Progression appréciable aussi dans la possession des ordinateurs : 14% de ménages (29% en milieu urbain, 5% en milieu rural, 34% à Yaoundé et 3% à l’Extrême-Nord).

Puis, l’accès à l’Internet : 16% de ménages (30% en milieu urbain, 7% en milieu rural, 29% à Yaoundé et 4% au Nord- Ouest). Accès accru également à l’Internet et aux TIC dans les entreprises, avec 90% d’entre elles qui utilisent un ordinateur en 2016 (93% pour les petites entreprises) et 76% pour les entreprises disposant d’une connexion Internet en 2017, parmi lesquelles 73% de petites entreprises.

Dans le domaine de l’économie numérique, c’est le grand frémissement. Le Cameroun regorge d’un important gisement de startsup du numérique, dont le potentiel de transformation en très grandes entreprises est certain.

Près de 3 000 starts-up du numérique dans les domaines du développement des applications, de la réalité virtuelle et augmentée, de l’intelligence artificielle, de la robotique et du commerce électronique ont été recensées. Signe que les lignes bougent, l’augmentation du chiffre d’affaires des opérateurs de téléphonie mobile qui a atteint en 2015 un montant de 566 milliards de F, contre 396 milliards en 2009.

Ou encore, l’ebanking qui se développe rapidement, accroissant les offres de services financiers mobiles et améliorant le taux de bancarisation au Cameroun qui se situe à 12% aujourd’hui, contre 7% il y a une dizaine d’années. Parions que la mise en oeuvre des projets retenus dans le Plan stratégique « Cameroun numérique 2020 » va davantage révolutionner le quotidien des populations.

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