« L’Etat est soucieux des maux qui touchent sa jeunesse »

Fadimatou Ousmanou Iyawa, présidente du bureau exécutif du Conseil national de la jeunesse du Cameroun.

Madame la présidente du CNJC, l’institution que vous présidez existe depuis neuf ans. Quelles sont les actions menées en faveur des jeunes par le CNJC à ce jour ?

Afin d’atteindre nos objectifs, plusieurs programmes et projets ont été initiés et implémentés en faveur de nos pairs. C’est le cas de la bourse panafricaine de l’économie numérique et des technologies innovantes qui est un programme de formation accéléré qui offre aux jeunes des outils et des techniques nécessaires, leur permettant d’accroître leur capacité dans l’utilisation des outils numériques. A ce jour, près de 6000 jeunes parmi lesquels les étudiants, les élèves du primaire et du secondaire, les fonctionnaires de police, le personnel des gendarmeries, et les pensionnaires de prisons ont reçu une formation complète. En 2013, le CNJC avait déjà lancé le YIT program (Youth Information and Technology) développé en partenariat avec l’entreprise Infocomweb. Il s’agissait d’un programme de sensibilisation en vue d’améliorer les bonnes pratiques sur les réseaux sociaux et sur les plateformes digitales. Pour la période 2013-2014, le programme a formé 120 jeunes des lycées et collèges des villes de Yaoundé et Douala. En matière de programme d’insertion et d’orientation vers un emploi décent et l’auto-emploi, nous avons créé, il y a quatre ans, le CNJC Social Program 2020 dont l’objectif est de former et insérer 2000 jeunes à l’horizon 2020. A ce jour, ce programme en a déjà formé près de 450 dans différentes spécialités avec un taux d’insertion de 76% vers un emploi stable. Nous avons également dans le cadre de ce programme lancé cette année, un 4e recrutement de 965 jeunes boursiers pour le compte de l’année académique 2018-2019. Le CNJC mène également avec l’appui des partenaires, des activités de renforcement des capacités des jeunes en matière de montage et management des projets. Afin de rendre l’information accessible pour tous les jeunes, nous avons entrepris, il y a trois ans, de lancer la Caravane nationale de sensibilisation des jeunes sur les programmes et projets gouvernementaux et non gouvernementaux en direction des jeunes, couplé à la campagne d’inscription des jeunes à l’Observatoire national de la jeunesse et à la sensibilisation de ceux-ci sur le Plan triennal spécial Jeunes. Cette caravane a permis de faire le tour de 4 régions sur 10 et de distribuer un total de 3500 manuels des opportunités. Dans le domaine de l’éducation civique et de l’intégration nationale, le CNJC a mis en oeuvre la Campagne nationale de sensibilisation de la jeunesse sur l’éducation civique et morale. Quant à l’intégration nationale, le CNJC a organisé avec les associations telles que la Payncop, la première caravane de l’intégration nationale et du vivre ensemble et la 1ère édition des journées nationales du multiculturalisme. Au mois de juillet dernier, le CNJC et le Zenü Network accueillaient près de 250 jeunes camerounais à Garoua dans le cadre du Forum des jeunes du Cameroun. Le CNJC appuie et accompagne les associations de jeunesse dans la promotion et l’organisation et la mise en oeuvre de leurs activités. Quelques campagnes et plaidoyers ont également été menés en faveur de la jeunesse; Il s’agit entre autres : de la campagne de dons de sang destiné aux forces armées et aux centres hospitaliers de la ville de Yaoundé; la campagne de vulgarisation et de prise en compte des jeunes dans l’élaboration et le suivi du PTS jeunes; la campagne nationale d’information et d’inscription des jeunes à l’Observatoire national de la jeunesse (Onj); la campagne nationale d’information sur la vulnérabilité des enfants face à l’insécurité au Cameroun; un plaidoyer pour la reconsidération du mercredi comme journée active au marché Mokolo et l’instauration de la demi-journée de nettoyage; un plaidoyer pour les 16 jours d’activisme en faveur de la femme et de la jeune fille; une campagne de vulgarisation et d’information sur les OMD et les ODD; et la campagne “Yes to Dialogue No to war” en faveur du retour au calme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Pour ne citer que ces quelques réalisations.

Quelle appréciation faites-vous de l’implication des jeunes dans les activités du Conseil national de la jeunesse ? J

e suis plutôt satisfaite. Grâce aux actions de communication, les jeunes prennent de plus en plus conscience de leurs responsabilités au sein du CNJC et tiennent à faire entendre leur voix chaque fois que cela est nécessaire. L’implication n’est pas encore totale et encore moins parfaite comme d’aucuns l’auraient souhaité. Comme toute organisation humaine, on note de temps en temps des divergences de vues, des réticences dues à des conflits de leadership, à des interprétations insuffisantes des textes organiques. Mais tout finit toujours par rentrer dans l’ordre. Pour une institution aussi jeune que la nôtre et qui doit porter les problèmes de 62 % de la population, je dois avouer que la tâche est loin d’être facile. Néanmoins, mon équipe et moi, nous nous battons afin que la voix de nos pairs puisse retentir, et ceci ne peut être possible que grâce à leur implication. Chaque jeune à son niveau se doit d’apporter une pierre à cet édifice afin qu’ensemble nous puissions remplir les missions de notre structure. Afin de susciter davantage l’adhésion des jeunes, nous avons entrepris de mettre sur pied une plateforme numérique d’enregistrement et de suivi des activités des jeunes qui sera opérationnelle dans les tout prochains jours. A ce sujet, j’invite les associations et mouvements de jeunesse à se rapprocher de nous afin que nous puissions ensemble mettre sur pied des nouvelles stratégies visant à épanouir davantage nos pairs. Quel est l’apport de l’Etat dans toutes ces activités ? L’Etat est effectivement notre principal partenaire par le biais du ministère de la Jeunesse et de l’Education civique qui notre tutelle institutionnelle. Ce sont des actions d’élaboration, de mise en oeuvre et d’évaluation des politiques d’encadrement de la jeunesse. Des actions qui se rapportent à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, aux loisirs et évidemment à l’insertion socio-économique pour ne citer que celles-ci. Je dirais que l’Etat est très soucieux des maux qui touchent sa jeunesse et oeuvre effectivement pour trouver des solutions à ces maux. Je le dis d’autant avec emphase parce que la participation des jeunes au processus de prise décision est réelle ; ceci au travers d’un certain nombre d’outils et d’instruments. Un observatoire national de la jeunesse existe depuis bientôt trois ans.

Quelle est son apport dans la vie des jeunes au quotidien ?

Cet organe est arrivé à point nommé pour aider le gouvernement dans son entreprise d’enregistrement, d’identification, de référencement et d’insertion des jeunes. La jeunesse dont je suis le porte-étendard, fonde beaucoup d’espoir dans cette structure qui l’aidera à être au fait des opportunités d’emploi et de formation qui s’offrent à elle. Aussi, l’ONJ permet aux jeunes d’avoir l’information juste et crédible sur les opportunités d’insertion. Par ailleurs l’interactivité facilite un monitoring et counseling rapides, fiables et surtout gratuits pour les jeunes chercheurs d’emploi et jeunes entrepreneurs. Un apport déterminant en somme.

L’emploi demeure une des préoccupations majeures de la jeunesse camerounaise. Le Plan triennal spécial jeunes a été mis en oeuvre en 2017. Comment ce plan a-t-il changé la vie des jeunes que vous avez répertoriés ?

De prime abord, je dirais que le PTS a redonné de l’espoir aux jeunes qui croyaient leurs chances d’insertion socio-économiques disparues définitivement. Les différentes vagues d’apport financier à travers le pays ont permis de renforcer les espoirs placés dans cette initiative. En outre, le PTS donne aux les jeunes les moyens de se réaliser et d’envisager un avenir plus radieux.

Depuis deux ans déjà, un programme de volontariat est mis sur pied pour développer l’esprit patriotique et de bénévolat auprès de plusieurs jeunes. Pensez- vous qu’ils commencent réellement à intégrer cet esprit ?

L’esprit bénévole a de tout temps été présent chez les jeunes de notre pays. Chaque fois qu’il y a eu nécessité de donner des réponses concrètes face à des menaces ponctuelles dans nos quartiers, villages et villes, je pense les jeunes répondent généralement à l’appel. Ce qui a souvent manqué, c’est un cadre réglementé dans lequel cet esprit pouvait se manifester. Aujourd’hui, avec la mise en place du Programme national de volontariat, on assiste effectivement à une ruée des jeunes vers l’action désintéressée et le PNV rend davantage visibles leurs contributions citoyennes. Les chiffres des demandeurs d’enrôlement au niveau de l’Observatoire national de la jeunesse et ceux consignés dans la base de données du PNV le démontrent à suffisance.

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