« La crèche n’est pas une école maternelle »

Jean Baptiste Nyebel, sous-directeur de la Promotion et de la Protection des droits de l’enfant au Minproff.

Madame le ministre de l’Education de base a récemment demandé aux gestionnaires des crèches de suivre la norme. Quels problèmes se posent au niveau de ces structures ?

Le principal problème qui se pose au niveau des crèches aujourd’hui, c’est le contournement de la loi. Certains promoteurs de crèches utilisent l’autorisation d’ouvrir la crèche pour ouvrir les écoles maternelles. Chaque promoteur est convaincu que la crèche c’est un bon filon pour se faire de l’argent. Donc, on se retrouve dans un environnement où chacun veut faire ce qu’il pense alors qu’il y a une règlementation qui régit tout. Ce méli-mélo entraîne des conséquences. Pourtant, l’ouverture et le fonctionnement des écoles maternelles relèvent de la compétence du ministère de l’Education de base. Ce n’est pas le Minproff qui donne l’autorisation d’ouverture d’une école maternelle.

Que dit la loi par rapport à l’ouverture et au fonctionnement des crèches ?

La loi commence par définir la crèche, que l’on appelle communément garderie. Il s’agit des structures d’aide à la famille. Elles permettent aux parents qui travaillent d’avoir un lieu où ils laissent leurs enfants le temps des activités. Il s’agit d’une institution qui accueille les enfants de zéro à trois ans, pas plus. Ces structures accueillent les enfants le temps de la journée pour que leurs parents puissent vaquer à leurs occupations. Le décret du Premier ministre l’a bien précisé. Maintenant, pour les conditions d’ouverture, il y a un certain nombre de pièces que le promoteur doit produire. Il doit s’assurer, entre autres, d’avoir un cadre sécurisé tenant compte de tous les aspects dont le type de bâtiment. Il faut éviter les bâtiments à niveau, il faut une clôture. Il faut un personnel qui puisse bien encadrer ces enfants. La loi va même jusqu’à demander aux promoteurs de signer des conventions de collaboration avec des structures sanitaires territorialement compétentes.

Qu’est-ce qui justifie cette tolérance observée au niveau du Minproff ?

Le rôle de l’Etat c’est d’abord de sensibiliser, c’est-à-dire apprendre au promoteur ce que nous attendons. L’Etat fait davantage dans le social. S’il faut vraiment être rigoriste, il est clair qu’on fermerait tout et partout. Il ne s’agit pas d’un laisser- aller, c’est le temps de permettre que tous les acteurs s’accordent. Parlant des crèches qui font problème à Douala, je voudrais dire que les crèches au sens du décret de 2017, n’ont pas été fermées. Il se trouve que le ministère de l’Education de base dans ses missions régaliennes, s’est rendu compte que des crèches ont été transformées en écoles maternelles. Il s’agit là de la tricherie vis-à-vis de la loi. Donc c’est de bon droit que ces structures ont été fermées. Le Minproff ne peut pas cautionner le mépris de la loi. Celui qui veut ouvrir une école maternelle doit se référer au ministère de l’Education de base. Celui qui vient au Minproff obtient l’agrément pour accueillir les enfants de 0 à trois ans. Ces gens doivent faire la part des choses. S’ils ont opté pour les crèches, qu’ils restent dans les crèches. S’ils ont opté pour l’école maternelle, qu’ils se réfèrent au Minedub.

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