Bruits de vote: traditions et couleur locale

Tel qu’elle se déploie, la campagne dévoile au fil des jours des clichés plus ou moins insolites. Dans l’imagerie populaire, le candidat idéal serait cet homme « frais », impeccable dans sa mise vestimentaire. Pour faire bon chic bon genre ou sérieux beaucoup ont opté naturellement dès les premiers jours pour un accoutrement classique, de type veste-pantalon-cravate. Une entrée en matière qui annonçait d’autres surprises lors des périples par monts et par vaux. Or pour sillonner dans tous les sens le Cameroun réputé pour sa diversité géographique, humaine et culturelle, il faut avoir le flair et la capacité à s’adapter à l’environnement immédiat. En jouant au besoin du mimétisme. La recette est bien connue dans le règne animal. Ce n’est pas le caméléon qui nous démentira.

Tout part du postulat qu’en dehors d’autres arguments plus convaincants, on ne peut mieux se faire entendre, voire adopter que par des gens avec qui on partage certaines similitudes, y compris vestimentaires. Même s’il ne fait pas le moine, l’habit peut au moins permettre quelques rapprochements. Tenez : Récemment, à Bafoussam comme à Dschang, le candidat du parti UNIVERS  a fait sensation en se présentant au meeting sanglé dans la tenue d’apparat d’un notable bamiléké. Les « cops » venus nombreux n’ont vu que du feu face à cette métamorphose inattendue. Quelques jours auparavant, le candidat du MRC s’était vu remettre des attributs traditionnels par un dignitaire du « mbog » bassa lors d’un meeting du côté d’Edéa. Le candidat du RDPC est resté égal à lui-même, sans pourtant s’éloigner des traditions locales. On a encore en mémoire l’impressionnante parade des chefs traditionnels et patriarches du Sud qui ont déversé une pluie de bénédictions sur leur champion qui porte toujours son titre de « Fon des fons ». Quant au candidat du SDF, il a été aperçu l’autre jour en gandoura avec un turban autour du cou du côté de l’Extrême-Nord, De quoi se fondre plus facilement dans la foule des partisans venus l’accueillir. Difficile de faire mieux lorsqu’on veut se faire adopter dans trop de heurt.  On ne s’attardera pas sur cet autre candidat qui a fait du respect de la diversité un thème majeur de campagne. Plus étonnante est la métamorphose d’un candidat auto-proclamé « tireur de pénalty ». Après avoir privilégié le costume traditionnel lors de ses multiples passages sur les plateaux de télévision, il a subitement troqué lors des meetings gandoura et chéchia contre un maillot et un ballon de football. Quant à savoir si l’environnement est propice à la démonstration, c’est une autre histoire. Le fin mot de l’affaire reviendra certainement à ce candidatpasteur qui ne jure que par la force du discours messianique. Avec comme ambition de promouvoir les «comportements bibliques» dans l’optique d’opérer un changement de mentalité. Il parait que ce discours fait mouche, particulièrement auprès des âmes à la recherche de la bonne parole prophétique. En définitive, être candidat c’est aussi pouvoir épouser la couleur locale, savoir nager en toutes circonstances comme un poisson dans l’eau

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