Prix Nobel de la paix 2018: Denis Mukwege et Nadia Murad honorés

Le gynécologue congolais et l’activiste irakienne récompensés vendredi pour leur combat contre les violences sexuelles de guerre à l’endroit des femmes

Le Comité Nobel norvégien a désigné vendredi dernier le Dr Denis Mukwege et Nadia Murad comme prix Nobel de la paix 2018. L’un est originaire de la République démocratique du Congo (RDC) et l’autre est Irakienne. Les deux ont été récompensés pour le combat qu’ils mènent contre les violences de guerre à l’endroit des femmes.

Au moment de l’annonce de cette distinction, le médecin congolais se trouvait dans sa clinique à Panzi dans le SudKivu au milieu de ses patientes. «J’ai la joie, car le monde reconnaît les combats que nous menons depuis tout ce temps en faveur des femmes victimes, actuellement survivantes de viols et violences sexuelles en République démocratique du Congo», s’est réjoui Denis Mukwege.

«Comme notre combat est reconnu, nous demandons maintenant réparation», a-t-il plaidé. Il pense qu’au-delà de cette simple reconnaissance, il faut une réparation en faveur de ces femmes. Pour Berit ReissAndersen, présidente du Comité Nobel norvégien, le médecin est «le meilleur symbole de ce combat, le plus rassembleur aussi».

Prix Sakharov 2014 pour ce combat, Denis Mukwege, au péril de sa vie, a jeté son dévolu depuis 1999 sur la réparation des femmes victimes de violences sexuelles en RDC. Déjà plus de 50 000 femmes prises en charge dans son hôpital de Panzi à Bukavu dans le Sud-Kivu. Nadia Murad fut quant à elle une esclave sexuelle prise dans l’étau de l’Organisation de l’Etat islamique (EI). Après l’invasion en 2014 d’une bonne partie de l’Irak, Daech avait ciblé particulièrement la communauté yezidie dont relève cette dernière jugée hérétique.

Alors que les hommes étaient tués, les femmes étaient kidnappées et réduites en esclaves sexuelles. A l’instar de plusieurs autres femmes, Nadia Murad réussira à se sauver des griffes de ses ravisseurs pour venir les dénoncer aux yeux du monde. A en croire la présidente du Comité Nobel norvégienne, «Nadia Murad a eu le courage hors du commun de raconter au monde sa propre souffrance et de parler pour toutes les autres victimes».

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