Réseaux sociaux: la responsabilité comme règle


La récente catastrophe ferroviaire d’Eséka a déclenché une nouvelle déferlante sur les réseaux sociaux. Une de plus. Après la surchauffe médiatique enregistrée depuis le début de cette année autour de quelques affaires retentissantes avec, dans les premiers rôles, les médias sociaux. A chaque fois, le cyber espace aura été envahi par un flot échevelé de rumeurs et d’informations appuyées de photos et de vidéos, le tout livré sans le moindre souci pour la sensibilité du public. Faits déformés ou servis dans leur brutalité la plus crue ; piratage de comptes ; détournements d’images ; pornographie ; harcèlement et chantage en ligne ; incitation voulue ou non à la violence et à la haine. Autant de dérives devenues récurrentes sur les réseaux sociaux, avec comme corollaire le développement préoccupant de la cyber-criminalité.

Si l’on n’y prend garde, le risque est grand de voir les dérives du cyber-espace échapper à tout effort de régulation. Et même, les réseaux sociaux pourraient bien se trouver pratiquement en situation d’imposer désormais l’anomie dans la pratique du journalisme et de la communication sociale au Cameroun. Il n’est que d’observer, à cet égard, l’intrusion croissante des réseaux sociaux dans le domaine de la collecte, du traitement et de la diffusion de l’information, que celle-ci relève ou non de la rumeur. Le développement exponentiel des technologies de l’information et de la communication renforce toujours davantage cette tendance.

Ce qui se passe sur les réseaux sociaux dans le domaine de l’information est suffisamment alarmant pour appeler à un sursaut à tous les niveaux. Les faits sont parlants par eux-mêmes. Sur une population estimée à 23,6 millions de d’habitants, le Cameroun compte plus de 2,6 millions d’utilisateurs actifs d’Internet, soit un taux de pénétration de 11 %. Ce chiffre englobe 1,5 million d’utilisateurs des réseaux sociaux, dont 1,1 million qui se connectent aux réseaux sociaux via le téléphone mobile, tandis qu’ils sont 1,4 million d’inscrits sur Facebook, le réseau social le plus utilisé. Les médias traditionnels (journaux, radio, télévision) qui s’astreignent, avec des fortunes diverses, à observer les règles d’éthique et de déontologie régissant leur secteur, font face à la féroce concurrence d’amateurs de plus en plus nombreux des médias cybernétiques et autres réseaux sociaux. Ceux-ci ne s’embarrassent pas des mêmes scrupules, ayant la faculté de dire, en restant anonymes, à peu près tout et n’importe quoi à n’importe quel moment.

Personne n’a intérêt à ce que, au Cameroun, Internet et les réseaux sociaux soient, en définitive, des zones de non-droit où la liberté d’expression serait sans limite. Tout le monde gagne à ce que les réseaux sociaux notamment restent, comme à leur origine, ces plateformes de communication et de partage en ligne permettant de rejoindre ou de créer des réseaux d’utilisateurs ayant des intérêts communs. A cet effet, tout utilisateur étant a priori une victime potentielle des dérives observées sur les réseaux sociaux, doit, en y intervenant, s’imposer comme règle la responsabilité.  

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie