Transactions financières en zone Cemac: il faut accélérer la dématérialisation

Objet de la réunion de mise en oeuvre de l'interopérabilité ntégrale carte et mobile ouverte hier à Douala.

«Je commence une opération mobile sur un réseau X au Cameroun et je vais la dénouer sur un réseau Y dans un autre pays. Airtel Tchad. Je pars d’une opération sur un mobile, je la dénoue sur la carte. Je fais des transferts carte-mobile, mobilecompte... Je peux faire un envoi par mobile, aller retirer dans un GAB [guichet automatique], dans un environnement carte sans code, etc. »

Cette explication de Valentin Mbozo’o, directeur général du Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale (Gimac), est une illustration de l’interopérabilité intégrale carte-mobile-transferts en zone Cemac. Une initiative qui en est à sa phase pilote, lancée il y a quelques jours, et dont la réunion de mise en œuvre s’est ouverte mercredi, 10 octobre 2018, à Douala.

Pour des travaux d’une durée de deux jours. Ce projet d’inclusion financière est né d’un constat : les couches les plus défavorisées, qui sont les plus nombreuses dans la zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), ont beaucoup plus épousé le mobile comme instrument de paiement. « Nous voulons donc désormais étendre l’interopérabilité carte qui existe aujourd’hui, au mobile, aux transferts d’argent et pourquoi pas aux autres instruments de paiement électronique », assure Valentin Mbozo’o. Même s’il déplore que l’interopérabilité carte tarde à être adoptée par tous les membres du portefeuille Gimac.

Le Dg du Gimac a d’ailleurs appelé les participants à la réunion, parmi lesquels de nombreuses institutions bancaires, au « patriotisme économique » pour le développement de la région Afrique centrale : « J’en appelle préalablement à l’émergence économique, à la modernisation et à la dématérialisation des systèmes et moyens de paiement et à la réduction des paiements en cash qui handicapent terriblement nos économies en ce moment. Parce que l’agilité, la transparence, la traçabilité, n’y sont pas. Et ne parlons pas de la corruption. »

Pour sensibiliser donc les acteurs financiers et des télécoms, tout comme les décideurs, ils reçoivent des outils sur plusieurs points : le périmètre de l’interopérabilité intégrale, l’impact sur les réseaux internationaux, l’infrastructure réseau/télécoms, la sécurité, les principes de tarification, etc.

Des aspects qui ont faire dire à Valentin Mbozo’o : « Où que vous soyez, vous avez pour concurrent les plus grandes firmes mondiales qui utilisent des paiements dématérialisés, la robotisation, la standardisation des chaines de traitement. Comment allez-vous survivre dans cette économie mondiale si vous ne vous mettez pas à niveau ? ».
 

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