« Les mendiants sont de plus en plus nombreux »

Arnauld Philippe Ndzana, conseiller technique N°1 à la Communauté urbaine de Yaoundé.

Vous êtes-vous rendu compte à la Communauté urbaine de Yaoundé qu’il y a de plus en plus de mendiants dans la ville de Yaoundé ?

Lundi dernier, lors de la réunion de coordination, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) évoquait le sujet. Il se plaignait du désagrément que les mendiants causent dans la cité. Ils sont de plus en plus nombreux. La CUY a déjà par le passé essayé plusieurs stratégies pour les dissuader : les arrêts, les menaces, etc. Le délégué du gouvernement vient de lancer une réflexion en vue de trouver le meilleur moyen de réduire considérablement leur nombre à défaut de les éradiquer. Il est évident qu’on ne peut pas laisser la situation perdurer. L’idée est lancée, mais c’est très tôt de savoir qui et quelles structures seront impliquées dans cette réflexion. Sans doute va-til associer toutes les compétences nécessaires.

Ils semblent très organisés. Savezvous comment ils procèdent ?

C’est exact, ils semblent bien organisés. Peut-être devrait-on envisager une enquête pour bien comprendre leur organisation et leur motus operandi. Oui, il faudrait qu’on comprenne d’où viennent-ils et qui les amènent à Yaoundé. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont un refuge où ils rappliquent la nuit venue. Et c’est aussi possible qu’ils rendent compte de leurs journées. On les découvre seulement dans la rue et on observe qu’il y a parmi eux un grand nombre d’étrangers, mais aussi une forte communauté des nationaux. Ils sont surtout des personnes peu recommandables, à la mentalité bien douteuse. On les soupçonne de petits vols, de bagarres. Ils sont assez violents, même s’ils masquent l’apparence et font circuler les stupéfiants. C’est par rapport à tout cela que le délégué est inquiet et veut qu’une solution soit trouvée en vue d’une action énergique.

Qu’a déjà fait la CUY jusqu’ici pour résoudre ce fléau ?

Vers les années 2010, le délégué du gouvernement avait instruit qu’on leur donne des rations alimentaires en rapport avec les services du ministère des Affaires sociales. Puis il a été demandé aux policiers de les chasser des carrefours. Certains ont été arrêtés. Mais finalement, on se rend compte que les gérer au quotidien est difficile. Il a eu des tentatives de les renvoyer dans leurs milieux d’origine. Et là encore rien n’a été facile. Des nationaux ont été mis dans le train pour rejoindre leurs familles. A la longue, on réalise que ce sont des efforts vains. Il y a un centre d’écoute des enfants de la rue à la gare ferroviaire et un foyer de l’espérance à Mvolyé qui se battent aussi à leur manière, mais hélas, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes.

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