« Le bégaiement, un handicap qui se soigne »

Maoma Souhe Djon, orthophoniste au Centre Orchidée Home Douala.

La journée internationale du bégaiement s’est célébrée lundi. Quel est l’état des lieux de cette maladie au Cameroun ?

Dans le monde, actuellement on parle de 70 millions de personnes bègues. Au Cameroun, les statistiques ne sont pas assez claires, mais il faut dire que le bégaiement concerne 1% de la population, soit 4% d’enfants et 1% d’adolescents et d’adultes. Le bégaiement est un problème très complexe. C’est un trouble de la parole qui se manifeste à un moment de la vie où les habilités cognitives et linguistiques de l’enfant commencent à heurter son développement. Quand l’enfant commence à retrouver la parole, il a des difficultés à parler avec fluidité. Ces difficultés peuvent se poursuivre jusqu’à l’âge adulte si rien n’est fait. Le bégaiement est un handicap qui a d’ailleurs une répercussion sur le plan scolaire, professionnel et sur la vie sociale. Certains individus qui vont commencer à présenter ce caractère vont s’isoler. Ce sont des gens qui ne vont pas prendre la parole en public parce qu’ils seront observés.

D’aucuns disent que le bégaiement est héréditaire. Quelles en sont les causes réelles ?

Dans une famille où vous avez un parent qui a bégayé, il y a une forte probabilité de retrouver des bègues parmi la descendance. Ça peut être des frères, des cousins, etc. L’apparition peut se faire même après deux générations. Mais toujours est-il que, si vous avez un ascendant qui a bégayé par le passé, il est fort probable qu’il y ait des bègues parmi les enfants. Il y a plusieurs facteurs qui peuvent être à l’origine d’un début de bégaiement. La cause est généralement émotive.

Existe-t-il un traitement dans la médecine moderne ?

Bien évidemment on peut guérir du bégaiement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les orthophonistes existent pour pouvoir apporter des solutions. Un bégaiement qui est constaté le plus tôt et pris rapidement en charge peut trouver des solutions à 90% aussitôt que l’enfant est accompagné sur le plan de la rééducation orthophonique. Au Cameroun, nous devons nous mobiliser pour lutter contre cet handicap, parce que c’est un problème de santé publique.

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