Diapositive: Georgette Akono Mbida: Ça tourne !

Rien que quatre années de service, mais déjà un parcours qui augure des lendemains prometteurs

Teint chocolat, taille moyenne, le contact facile, affable, le regard droit comme pour  mieux capter les intentions de son interlocuteur, le ton  réfléchi, Georgette Akono Mbida rassure de prime abord. Il se dégage de ce bout de femme, l’assurance tranquille de ceux qui savent où mener leur barque, une chaleur humaine et un contact vrai qui rassurent.

Georgette Akono Mbida entre à l’Institut de formation du patrimoine audiovisuel de la CRTV d’Ekounou en 2009. Elle n’y était pas vraiment destinée. Seule fille d’une fratrie de onze, elle découvre  le lancement d’un concours pour la prise de vues. Une expression qui ne lui dit rien.

Elle s’en ouvre à une connaissance. Des explications reçues, elle fait le lien avec l’appareil photo que son papa détient à la maison. C’est le déclic. Une passion vient de naître et adieu la capacité en droit qu’elle prépare à l’Université de Yaoundé II.

Elle passe le concours. Seulement voilà, où trouver les deux millions de francs pour sa formation. La charge parentale est énorme. Le père, modeste directeur d’école, et la mère enseignante vont faire un emprunt de 600 000 F, et obtiennent un moratoire de l’Institut de formation pour le reste. Ils ne le regretteront pas.

La jeune fille se jette corps et âme dans sa formation, et parvient même avec les petits reportages dans des cérémonies de mariage et autres fêtes organisées ici et là, à soutenir sa famille. Et à la sortie de l’école en 2011, elle est vice-major. La passion du métier chevillée au corps, et la volonté affichée d’être la meilleure et d’aller au bout de son rêve.

Elle commence ses grands débuts sur le terrain à la CRTV en 2014 et ne tarde pas à se faire remarquer. De petits en grands reportages, la reconnaissance arrive progressivement. Elle effectue sa première mission à l’étranger à Marrakech au Maroc en compagnie de Madeleine Soppi Kotto. D’autres suivront, mais il y a une, qu’elle n’oubliera pas de si tôt.

En mai 2017, au large du Golfe de Guinée, elle tombe en pleine mer alors qu’elle est enceinte de trois mois, la caméra à la main. Il s’en faudra de peu pour qu’elle ne perde la vie. Elle en parle encore aujourd’hui, avec des trémolos dans la voix. Mais elle continue résolument d’avancer.

Et d’en tirer certains préceptes ; « Tout ce qu’on fait dans la vie, il faut le faire avec amour et passion, sans tenir compte des frustrations, garder son cap, savoir s’imposer tout en respectant les autres, défendre et donner en tous lieux et en tous temps, une bonne image de son métier ». Sans regret aucun, le regard résolument tourné, comme sa caméra, vers l’essentiel.

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