Climat des affaires: la piqûre de rappel

S’il est désormais plus aisé de créer une entreprise, d’obtenir un permis de construire, etc., plusieurs autres facteurs plombent l’environnement des affaires au Cameroun, comme l’indique le dernier Doing Business.

Dans le rapport Doing Business 2019 rendu public mercredi 31 octobre par la Banque mondiale, le Cameroun recule de trois places dans le classement. Il part de la 163e place (2018) à la 166e avec un score de 47.78/100. Pouvait-il en être autrement face à la conjoncture nationale et sous régionale actuelle? Assez difficile, répond Pr Henri Ngoa Tabi, économiste.

En fait, plusieurs autres facteurs auront contribué à la contre-performance de la plus forte économie d’Afrique centrale. Par exemple dans la catégorie paiement des taxes et impôts, le Cameroun obtient un mauvais score tout comme dans le segment du commerce transfrontalier. Globalement il est reproché au Cameroun la lourdeur des procédures. La question du règlement de l’insolvabilité reste aussi proccupante.

Toutefois, le tableau n’est pas totalement noir. Comme note positive, on relève qu’il est désormais plus facile de créer une entreprise, d’obtenir un permis de construire, d’avoir un raccordement à l’électricité, etc. au Cameroun par rapport au dernier classement. D’où l’optimisme de l’économiste. « Le Cameroun n’a pas encore atteint un niveau d’endettement inquiétant. Si on est insolvable, c’est parce qu’il y a un ralentissement de l’activité économique dû à plusieurs chocs.

Un choc sécuritaire, un choc des Ape avec le démantèlement tarifaire qui a entrainé la baisse des recettes douanières, et un choc monétaire avec la baisse de nos recettes d’exportation. Tous ces chocs sont de nature à ralentir l’activité économique», explique Pr. Henri Ngoa Tabi. L’économiste met aussi ce résultat du Cameroun sous le coup de la crise économique que la zone Cemac traverse en ce moment. « Le Cameroun est le seul pays qui n’est pas réellement en crise. Si on a dégringolé, c’est parce que nous sommes dans une sous-région où parfois le taux de croissance des pays est négatif comme ça a été le cas il y a deux ans. Le Cameroun est la seule économie en croissance actuellement dans cette zone même si ce n’est pas ce que nous attendons », éclaire-t-il.

Globalement, dans ce rapport Doing business 2019, la Banque mondiale recense un chiffre record de 314 nouvelles réformes dans le monde. « C’est encore le domaine de la création d’entreprises qui a connu le plus d’amélioration, avec 50 réformes cette année. D’importantes réformes ont également concerné l’exécution des contrats (49) et le raccordement à l’électricité (26) », peut-on lire dans le communiqué de presse de la Banque mondiale.

Pour ce qui est de l’Afrique subsaharienne, 40 des 48 économies de la région ont mis en place au moins une réforme. « Les résultats obtenus cette année montrent clairement l’engagement dont font preuve les pouvoirs publics dans de nombreuses économies, petites ou grandes, pour aider l’entrepreneuriat et l’entreprise privée», affirme Rita Ramalho, responsable principale du Groupe des indicateurs mondiaux de la Banque mondiale. 

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