Première Guerre mondiale : le monde s’en souvient

Le centenaire de l’armistice ayant scellé la fin de la Première guerre mondiale qui a fait environ 18 millions de morts a été célébré hier.

Un siècle après la fin de la Première guerre mondiale, on explique toujours son déclenchement par l'assassinat de l'archiduc autrichien François-Ferdinand par un étudiant nationaliste serbe Gavrilo Princip, à Sarajevo, le 28 juin 1914. Le prince héritier de l'empire d'Autriche-Hongrie, a été tué à Sarajevo, capitale de la Bosnie, ancienne province de l'empire ottoman annexée en 1908 par l'Autriche-Hongrie. Dans les Balkans, la Bosnie a pour principale rivale la Serbie, proche de la Russie. L’assassinat de François-Ferdinand va provoquer des remous en Europe entre des Etats et leurs alliés.

Et une simple étincelle a donc engendré un brasier planétaire. Toujours est-il que les causes de ce qui sera désigné par « Grande guerre » sont beaucoup plus nombreuses et complexes. Observateurs et historiens lient notamment l’escalade de la violence au fort sentiment nationaliste qui agite l'Europe à l’époque, ainsi qu’à la poussée économique allemande. Davantage dans ce panorama, les jeux subtils des alliances diplomatiques vont associer de nombreux autres pays au conflit.

En somme, l'assassinat de François-Ferdinand a mis en branle un mécanisme d'alliances diplomatiques en cascade. Ainsi, l'Autriche-Hongrie posa un ultimatum à la Serbie pour enquêter sur le meurtre, le 23 juillet avec le soutien allemand. Le 25 juillet, la Serbie ignore l’ultimatum et déclare plutôt la mobilisation générale. Le 29 juillet, son alliée la Russie, se mobilise contre l'Autriche-Hongrie puis contre l'Allemagne.

Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France, alliée de la Russie. En un éclair,  la Triple Entente, France, Royaume-Uni et Russie, et la Triple Alliance, Allemagne et Autriche-Hongrie, sont constituées. Plus tard, d’autres pays vont s’impliquer. Le Canada, l'Australie et l'Afrique du Sud, membres du Commonwealth entrent en guerre par solidarité avec l'Angleterre. Les Etats-Unis en feront de même en 1917, conférant un caractère mondial du conflit.

Et l’Afrique dans tout cela ? Avant le déclenchement de la guerre, les puissances européennes étaient déjà présentes en Afrique où elles rivalisaient d’influence. La 2e conférence de Berlin convoquée  à l’initiative du chancelier allemand Otto Von Bismarck va consacrer le partage du continent par les représentants des puissances européennes pour éviter des conflits. C'est donc logiquement qu'avec le déclenchement de la guerre en Europe (1914), le continent africain s’est retrouvé impliqué. L’Afrique sera ainsi une terre de combat, un réservoir de ravitaillement logistique et un vivier de recrutement de soldats. Les conséquences  de cette implication seront importantes.

Au final, l’Afrique a payé un lourd tribut en vies humaines et ressources économiques. Des régions entières ont été dévastées par les combats que se livraient les Européens sur le sol africain. Les viols et les enlèvements de masse étaient légion et les populations ont été chassées de leurs villages. Par ailleurs, les Allemands qui perdaient pied en Afrique ont détruit les infrastructures lors de leur repli. Sur le plan politique et territorial à la fin de la guerre, des frontières coloniales furent redessinées.

Les anciennes colonies allemandes (Cameroun, Togo, Tanganyika, Sud-ouest africain, actuellement Namibie) ont ainsi été arrachées et confiées aux puissances victorieuses sous la supervision de la Société des Nations.  Ce fut l’ère du régime de mandat. Le Cameroun a par exemple a été confié à la France et à la Grande-Bretagne qui l’ont divisé. C’est le point de départ de la configuration linguistique du pays.

Aujourd’hui, il est question de se souvenir de la guerre pour défendre la paix. C’est le sens qui est donné aux commémorations de l’armistice du 11 novembre 2018 à Paris. « Il ne s’agit pas simplement de commémorer l’armistice, mais d’essayer ensemble de tenir la promesse faite alors d’un “plus jamais ça” », a notamment déclaré le président français Emmanuel Macron, initiateur d’un Forum sur la paix en marge des commémorations de l’armistice. Se servir les leçons du passé pour préparer l'avenir: c'est le message qu’entendent délivrer les autorités françaises.

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