« Ce spectacle parle de la condition de l’enfant »

Lorraine de Sagazan, metteur en scène de la pièce « La poupée barbue ».

Le texte de « La poupée barbue » est fort, violent, mais dit par une enfant. Quel a été le niveau de difficulté auquel vous avez été confrontée pour sa mise en scène ?

Je ne peux pas vraiment parler de difficulté, mais plutôt de cette grande joie que j’ai ressentie à l’idée de mettre cette pièce en scène. J’avais déjà fait partie du jury (Ndlr : Prix RFI Théâtre 2017) à l’origine de la découverte de ce texte qui m’avait beaucoup marquée et que j’ai défendu pendant ce jury. C’est un texte d’une grande qualité, j’ai été fière et heureuse d’avoir la possibilité de le mettre en scène. La difficulté a été de trouver une comédienne qui en même temps a l’air d’être une enfant et une adulte, qui a de la violence à l’intérieur d’elle et puis en même temps de la candeur, de la naïveté. Ensuite il y a eu l’étape d’apprentissage. C’est difficile lorsqu’il y a une seule personne sur la scène, car tout le travail repose sur ses épaules. Tout s’est passé de manière fluide. Un texte d’une telle qualité simplifie les choses.

La gestion de l’espace par la comédienne est très impressionnante. Etait-ce une volonté de votre part qu’elle s’empare ainsi du sol et de l’environnement de la pièce ?

Je n’avais pas envie qu’on soit sur un sol traditionnel de théâtre, un tapis de danse ou juste un plancher noir. J’ai voulu m’attirer le sol en me disant que comme on avait très peu de moyens, il fallait que le sol rappelle des images qu’on pouvait se faire de pays dans lesquels il existe des enfants soldats, puisque la pièce traite de ce sujet. Il y a quelque chose de très aride, de naturel, d’organique avec la présence de cette terre sur scène. Cela donne l’idée qu’on était bien en extérieur, en plus du travail de lumière qui conditionne le spectateur par rapport aux moments de la journée. La nuit et le lever du jour sont donc créés avec les lumières, pour donner au spectateur l’impression de voyager un peu mieux dans ce récit. Cette impression, je veux qu’elle soit perceptible chez le spectateur dans toutes les villes de la tournée où la pièce sera jouée (Ndlr : Yaoundé, Douala, N’Djamena, Libreville, Antananarivo, Abidjan, Bamako, Cotonou, Dakar).

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie