Union africaine: des reformes dans le pipe

Réduction du nombre de commissaires, sanctions contre les mauvais contributeurs, barème des contributeurs et réintégration des agences du NEPAD sont entre autres recommandations.

Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) tenu les 17 et 18 novembre derniers à Addis-Abeba a débouché sur une série de mesures fortes. Dans le cadre de la poursuite de la réforme de l’UA, les dirigeants du continent sont tombés d’accord sur le principe de ramener le nombre de commissaires de huit à six. Ce qui permettra de réaliser des économies de près de 500 000 dollars, soit plus de 287 millions de F, par an. A l’avenir, les candidats au poste de commissaire devront être présélectionnés sur la base de leurs compétences, du respect du facteur genre et de la rotation entre les régions. La présélection sera faite par un panel d’éminentes personnalités du continent qui travailleront en étroite collaboration avec un cabinet de recrutement. Un mode de désignation qui va à l’encontre de la proposition initiale faite par le Paul Kagame, président en exercice de l’UA, qui suggérait de permettre au président de la Commission de nommer directement ses commissaires dans le souci de renforcer ses pouvoirs. Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA, a été chargé de poursuivre la réflexion en vue d’une nouvelle organisation des départements de l’UA qui devrait être opérationnelle en 2021.

Afin de remédier au phénomène de «mauvais payeurs», les participants à la rencontre d’Addis-Abeba  ont adopté un barème de sanctions qui pourra aller jusqu’à la suspension de la participation d’un pays aux travaux de l’Union africaine.  «Nous sommes en novembre. L’exercice budgétaire touche à sa fin, mais nous n’avons perçu que 50% des contributions», a tenu à relever Moussa Faki Mahamat qui dit ne pas disposer d’un budget «soutenable et prévisible». Le président de la Commission de l’UA stigmatise à ce sujet certains membres insolvables. Dans le but d’éviter que le budget de l’institution ne soit trop dépendant d’un  groupuscule de cinq donateurs constitué du Nigeria, de l’Algérie, de la Libye, de l’Afrique du Sud et de l’Égypte, une réforme du barème des contributions a été proposée de l’ordre de 40% du budget. Aucun de ces cinq géants ne devrait contribuer pour moins de 200 000 dollars, soit plus de 114 millions de F, par an. Le sujet sera remis sur la table en février 2019.

La «Taxe Kaberuka», censée contribuer au financement du budget, des programmes et des opérations de maintien de la paix de l’UA, n’a pas fait l’objet de discussion. D’un pourcentage de 0,2% sur certaines importations, sa mise en œuvre bute encore sur la résistance de certains pays. Seuls 24 Etats sur les 54 que compte le continent ont déjà mis en place cette taxe ou sont sur cette voie. Les dirigeants du continent ont également validé la réintégration des agences du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), institutions semi-indépendantes de l’Union africaine. A l’avenir, l’agence du NEPAD portera le nom d’Agence de développement de l’UA (AUDA), équivalent du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

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