Nécrologie: Gilbert Tsala Ekani casse sa plume

Le journaliste et écrivain est mort lundi au Centre hospitalier et universitaire de Yaoundé des suites de maladie.

Depuis lundi soir, la presse camerounaise porte le deuil. Gilbert Tsala Ekani, malade depuis un peu plus d’un mois, est décédé lundi au Centre hospitalier et universitaire de Yaoundé. Le journaliste et écrivain de renom, né en 1955 à Leboudi, petit village à un jet de pierre de Zamengoé, a ainsi définitivement, à 63 ans, rangé micro et plume..

Gilbert Tsala Ekani entre à l’Ecole supérieure internationale des journalistes de Yaoundé (Esijy) en 1975, aujourd’hui Esstic, et en sort en 1978. Il entre à la radiodiffusion nationale du Cameroun, où il entame une carrière peu ordinaire. Il occupe les fonctions de chef de service des programmes à la radio pendant des années, avant de se retrouver comme rédacteur en chef de la presse parlée du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), chef de cellule de communication de plusieurs ministères, patron de la maison de la communication, et même délégué départemental de la communication de la Lekié à Monatélé. Carrière peu ordinaire, assurément oui. Gilbert Tsala Ekani, était un sujet brillant, qui n’avait pas sa langue dans la poche. De lui, ses condisciples et amis, gardent l’image d’un homme de bonne compagnie, blagueur à souhait, comme pour toujours détendre l’atmosphère malgré les vicissitudes du quotidien. « Gilbert était un professionnel sérieux, plein de bonne humeur et soucieux de son travail. Il cherchait toujours à s’améliorer et à bien faire son travail. C’était un patriote qui avait un esprit critique certain. Les mots pour ce journaliste sérieux avaient un sens. Malgré son départ à la retraite, il est resté actif, prêt à répondre à toutes les sollicitations », témoigne Shey Peter Mabu, directeur général adjoint de la Sopecam. Raoul Dieudonné Lebogo Ndongo a de la peine à parler de Gilbert Tsala Ekani. « Il a eu une brillante carrière, malgré les aléas d’une administration et de certains professionnels qui lui ont mis des bâtons dans les roues. Il a énormément apporté à la profession et beaucoup aimaient s’abreuver à sa source. Affable, ne se prenant pas au sérieux malgré l’écart d’âge et sa position administrative, il restait très ouvert à l’égard de ses confrères. C’est une des plus grandes voix de la radio qui s’éteint, avec toute sa rigueur, sa méticulosité et son professionnalisme ».

A la radio, au quartier Mokolo où il avait ses habitudes de joueur de « songo », on se souvient d’un homme de contact, sincère jusqu’au bout malgré ce que cela pouvait lui coûter, grande gueule et bon vivant. Celui qui aimait à dire à ses étudiants que « la crédibilité c’est comme la virginité, ça ne se perd qu’une fois », s’en est donc allé lundi, en gardant sa part de crédibilité. Sa gouaille et son francparler nous manquerons assurément.

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