Décentralisation: les maires expriment leurs attentes

L’accroissement des compétences, dont des ressources, est au centre des préoccupations des édiles municipaux qui y voient un moyen d’accélération du processus.

C’est à coup sûr l’un des chantiers parmi ceux qui seront le plus en vue au cours de la première année du septennat des Grandes opportunités. La décentralisation, puisqu’il s’agit d’elle, attire plus que jamais, l’intérêt des populations camerounaises depuis que le 31 décembre 2017, dans son message de fin d’année à ses compatriotes, le président de la République, Paul Biya a déclaré : « Les consultations que j’ai menées, mais aussi les multiples avis et suggestions que j’ai recueillis, m’ont conforté dans l’idée que nos concitoyens souhaitent participer davantage à la gestion de leurs affaires, notamment au niveau local. Je crois fermement à cet égard, que l’accélération de notre processus de décentralisation va permettre de renforcer le développement de nos régions ». Depuis lors, l’on a pu observer qu’il ne s’agissait pas d’une simple déclaration. Il y a eu le 2 mars 2018, la naissance du ministère de la Décentralisation et du Développement local, née de l’éclatement de l’ancien ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. La rapidité avec laquelle les différentes structures organiques de ce département ministériel ont été mises sur pied a levé le doute sur la détermination du président de la République de mettre en pratique cette attente de ses compatriotes, non seulement dans les régions en crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais sur toute l’étendue du territoire national.

L’examen en cours de la loi de finances de l’exercice 2019 vient encore de donner une idée de la volonté de faire passer le processus à un autre cap : les prévisions budgétaires du ministère de la Décentralisation ont été multipliées par quatre. Face aux membres de la Commission des Finances vendredi dernier, le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam a indiqué que dans le cadre de l’exercice budgétaire 2019, chaque commune recevra la somme de 100 millions de F en vue de financer son plan de développement communal. Il s’agira de remplacer la dotation générale d’investissement dont les modalités d’exécution n’étaient pas toujours satisfaisantes, selon le ministre. Avant cela, il y a eu le discours inaugural du septennat du président de la République le 6 novembre 2018 à l’Assemblée nationale. Paul Biya a réitéré sa volonté de voir la décentralisation connaître une accélération avec plus de transferts de compé tences et de ressources aux collectivités territoriales. La plupart des magistrats municipaux approchés sont unanimes là-dessus : il est impératif de procéder à un accroissement des ressources des communes pour répondre plus efficacement aux préoccupations des populations. Il s’agira donc désormais d’éviter la pratique qui veut aujourd’hui le pilotage de la plupart des projets exécutés sur le terrain par les départements ministériels. A côté de cela, les 40,3 milliards de F, représentant le budget d’investissement du ministère de la Décentralisation, contre 5,4 milliards de F pour le fonctionnement permettront sans doute également à cette administration de faire face aux attentes des élus à la base.

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