Lutte contre Boko Haram: Buhari remobilise les troupes à Maiduguri

La visite qu’effectue depuis hier le président nigérian dans le chef-lieu de l’Etat de Borno vise à galvaniser l’armée en proie à des attaques terroristes ciblées.

Muhammadu Buhari a ouvert hier à Maiduguri la conférence du chef d’état-major des armées. Cette rencontre organisée dans le chef-lieu de l’Etat de Borno dans le Nord-Est est une occasion pour le président du Nigéria de faire le point sur la situation sécuritaire du pays et des projections sur l’avenir. Initialement prévue à Benin City dans le sud du Nigeria, cette conférence stratégique a finalement été délocalisée à la dernière minute dans cette région en proie aux violences ces temps derniers. Cette visite intervient surtout dans un contexte marqué par un regain de vitalité des islamistes de la fraction de Boko Haram affiliée au groupe Etat islamique en Afrique de l’ouest, dirigée par Abou Mosab al-Barnaoui.

Depuis juillet dernier, au moins dix-sept attaques terroristes ont été recensées. La dernière en date étant celle du 18 novembre dernier, lorsque des combattants de Boko Haram ont frappé à Metele, près de la frontière avec le Niger. L’attaque a fait une quarantaine de morts, selon des sources officielles, une centaine, d’après l’opposition. L’enlèvement et la libération des lycéennes de Dapchi en mars dernier ont davantage contribué à effriter le degré de confiance des populations vis-à-vis de l’armée. Autant d’affronts essuyés par les troupes, qui ont poussé les militaires à se répandre sur les réseaux sociaux pour décrier leur mal-être, leurs mauvaises conditions de travail et dénoncer la vétusté du matériel de combat.

De l’avis de certains observateurs, pour Muhammadu Buhari qui remet son fauteuil en jeu en février 2019, cette visite à Maiduguri va au-delà d’une simple conférence du chef d’état-major des armées. Le président nigérian qui tarde à apporter des résultats convaincants en «écrasant» Boko Haram comme il l’avait promis à son arrivée en 2015, entend faire de cette tribune un espace de marketing politique. Très critiqué par une opposition qui juge  son bilan en matière sécuritaire en demi-teinte, il entend profiter de ce séjour pour remonter le moral des troupes et donner davantage des garanties aux populations. Car, selon des statistiques, plus de 27 000 personnes ont perdu la vie depuis la montée de l’insurrection jihadiste en 2009 et 1,8 million d’autres n’ont toujours pas regagné leurs foyers.

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