Crise des « Gilets jaunes » en France: des mesures pour calmer le jeu

Le gouvernement a décidé hier de suspendre certaines taxes pendant six mois pour mettre un terme à la crise sociale qui secoue le pays depuis trois semaines.

La France et principalement Paris est paralysée depuis trois semaines déjà. A l’appel du mouvement « Gilets jaunes », un regroupement de divers profils, des Français de tous bords politiques et de tous âges, des milliers de Français sont dans la rue pour manifester en faveur de la baisse de certaines taxes en vigueur. Au-delà d’une simple baisse du prix des carburants, les manifestants ont dressé une longue liste de revendications allant de la révision du prix des péages en passant par les salaires, les droits de succession, le droit au logement à l’abandon du prélèvement à la source et à l’augmentation du smic, entre autres. Le week-end dernier a particulièrement été heurté dans la capitale française. La manifestation qui aurait mobilisé environ 30 000 personnes dans la rue a viré au drame avec des violents affrontements ayant opposé forces de l’ordre et manifestants qui ont pillé biens et services sur leur passage. Plusieurs sources parlent de 412 interpellations et 133 blessés.

De l’avis du ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, l'impact cumulé, depuis le début du mouvement, sur le chiffre d'affaires a atteint 15% à 25% dans la grande distribution, 20% à 40% dans le commerce de détail, 15% pour certains marchés de gros et marchés de marchandise fraîche, et entre 20% et 50% dans la restauration. Dans le secteur hôtelier, il regrette une baisse des réservations de l'ordre de 15% à 20%. Afin d’apaiser la tension, le gouvernement a annoncé trois mesures fortes. Le président Emmanuel Macron et son gouvernement ont ainsi décidé hier de suspendre pendant six mois trois mesures fiscales devant entrer en vigueur le 1er janvier 2019. Il s’agit de la hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel; la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l'essence et l'alignement sur la fiscalité des particuliers de la fiscalité du gazole des entrepreneurs non routiers. «Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la Nation», a déclaré le Premier ministre. «Nous voulons dans ce laps de temps identifier et mettre en oeuvre des mesures d'accompagnement justes et efficaces. Si nous ne les trouvons pas, nous en tirerons les conséquences», a poursuivi Edouard Philippe.

Afin de poursuivre le dialogue, le gouvernement envisage une concertation locale sur la transition annoncée du 15 décembre au 1er mars prochain. «Les solutions doivent être différentes dans les grandes villes et les campagnes. Complétons-les. J'y suis prêt», a souligné Edouard Philippe. En face, l’on juge insignifiantes les mesures annoncées. «Six mois... Sûrement un hasard si ça nous porte juste quelques jours après les élections», estime Marine Le Pen, présidente du Front national et soutien des manifestants.

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