« Sur scène, j’aime être dans la peau d’une femme »

Major Asse, humoriste.

Plusieurs humoristes vont partager la scène de l’IFC avec vous. Comment avez-vous effectué la sélection ?

Boli Bolingo et d’autres humoristes vont s’adjoindre à moi pour ce spectacle. C’est dans la perspective d’une école de comédie que nous sommes en train de mettre en place. Là ça fait près de six mois que je suis sur ce projet et que je travaille avec l’ensemble qui va m’accompagner sur scène. En prélude à ce spectacle, nous avons travaillé en atelier, et le rendez-vous de ce jeudi sera en réalité une sorte de restitution. Pour moi, c’est une nouvelle expérience, et j’espère qu’elle va se passer de la meilleure des manières. J’ai procédé par casting pour retenir tous ces humoristes. Au départ, ils étaient huit, puis j’ai effectué un autre casting en interne, car j’ai voulu choisir les meilleurs. Ce n’est pas le nombre d’humoristes sur scène qui compte, mais c’est plutôt leur qualité. J’ai dû garder ceux que j’estime beaucoup.

Avec Valery Ndongo, vous avez travaillé à la formation de nombreux humoristes. Pensez-vous que le style de votre duo a déteint sur eux ?

Le milieu de l’humour camerounais a énormément changé, mais positivement. Au départ, Valery et moi avions initié les ateliers du Stand-up Live Show, par lequel de nombreux jeunes sont passés, entre autres Markus, Moustik Karismatik. Ensuite nous sommes passés à l’étape du Castle Live Comedy qui a suscité beaucoup d’intérêt auprès du public camerounais, et à ce moment-là, nous avons encore travaillé avec d’autres comédiens comme Nana Ardo. Vous pouvez voir les résultats produits aujourd’hui. L’impact de Valery sur mon travail est direct. Nous travaillons en collaboration sur le projet de l’école de comédie. Si le temps et surtout les moyens financiers s’y prêtent, sans oublier l’appui du ministère des Arts et de la Culture, nous espérons qu’il sera mené à bien. Nous avons créé le Stand-up Live Show pour nous retrouver régulièrement, même si en ce moment, chacun d’entre nous travaille sur des projets personnels. Pendant toute cette période de novembre, il était à Douala, et moi je serai à Yaoundé. Valery Ndongo et Major Asse, c’est une histoire à vie.

A vos débuts, vous aviez basé vos spectacles sur les questions d’identité, de race, de mariages mixtes… Pourquoi ce choix ?

Cela faisait partie de l’actualité du moment. Le phénomène de cybercafé venait de débarquer dans nos habitudes. Les femmes et les hommes africains découvraient les relations derrière un ordinateur avec les Blancs, et ils en rêvaient. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé, les mariages mixtes ne sont plus une nouveauté. Ce spectacle a eu l’impact espéré à l’époque, mais au fil du temps, les choses ont bougé. C’est le quotidien qui nous inspire. Ce matin par exemple, j’ai écrit un spectacle sur la relation bailleur-locataire, parce que personnellement, je suis passé du statut de l’un à l’autre.

Les femmes aussi font partie en grande majorité de vos spectacles. Comment expliquez-vous ce rapport ?

Sur scène, j’aime être dans la peau d’une femme, car pour moi, elle est une énorme source d’inspiration. Ses différentes attitudes sont une curiosité pour moi. Quand j’observe le personnage féminin, je suis fourni d’inspiration. J’ai de très bons rapports avec les femmes humoristes. Par exemple, Charlotte Ntamack, qui est sortie des écuries du Stand-up Live Show. J’appelle cependant les femmes humoristes à faire preuve d’endurance et de persévérance, car l’humoriste reste longtemps dans l’ombre avant d’émerger. Il lui faut donc s’armer de patience, et c’est à cela que je les appelle.

Sous d’autres cieux, vous avez vécu des expériences enrichissantes avec d’autres célèbres noms de l’humour. Quelles leçons avez-vous tirées ?

J’ai vécu de très belles expériences. En tournant par exemple le film avec Thomas Nguidjol, j’ai pu observer et apprendre des différentes techniques de tournage d’un film dans les normes internationales. Ensuite, il y a eu l’étape du Parlement du rire avec Mamane. J’ai vraiment pu m’édifier sur la mise en place de spectacles d’humour à grande échelle. C’est une longue chaîne de fabrication : travail en atelier, production des textes, réglage du jeu, de la diction, du temps de scène. Au sortir de l’atelier, vous comprenez qu’il y a beaucoup de choses à faire. Je me suis mis dans la posture d’un élève humoriste qui apprend des autres.

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