Cameroun – France: on se concerte

La situation socio-politique dans les deux pays et dans la sousrégion, et la coopération bilatérale au centre de l’audience accordée hier par le président Paul Biya à l’ambassadeur Gilles Thibault.

Près de trois heures ! C’est le temps qu’a duré hier en début d’après-midi, l’audience accordée au Palais de l’Unité par le président de la République, Paul Biya à l’ambassadeur de France au Cameroun, S.E. Gilles Thibault. Signe sans doute de la densité et de l’importance des sujets évoqués. « Nous avons abordé de nombreux sujets. Nous avons refait le panorama de la coopération existant entre nos deux pays », a indiqué le diplomate français à l’issue de l’échange. Tout ou presque a été passé en revue au cours de cet échange. Il a été question de l’économie avec, comme l’a révélé l’ambassadeur de France, le projet de construction du barrage hydro-électrique de Nachtigal sur le fleuve Sanaga : « Il y a de grandes avancées avec la clôture de ce projet marqué par la conclusion de l’actionnariat de NHPC (Nachtigal hydropower company, Ndlr) ». En référence à la signature le 8 novembre 2018 à Paris en France de l’accord pour la construction de cette infrastructure qui doit fournir 420 MW d’énergie supplémentaire au Cameroun. « Ceci permettra un développement très important du pays », a reconnu le diplomate français.

Comme cela a toujours été le cas chaque fois au cours de leurs rencontres, des questions de sécurité ont meublé les échanges entre le président Paul Biya et S.E. Gilles Thibault : « Comme toujours, les questions sécuritaires ont été à l’ordre du jour. La France reste, comme le Cameroun, très engagée dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il indiqué, mentionnant spécifiquement la situation dans la partie septentrionale du Cameroun et celle des deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Sur ce dernier volet, le diplomate français a salué la création il y a exactement une semaine, par le président de la République, du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants. Une création « qui augure de perspectives nouvelles » pour ces deux régions, selon lui, car « la force ne peut pas être l’unique solution et seul le dialogue peut permettre de résoudre des difficultés». Une mesure qui, ajoutée à la mise sur pied d’un plan humanitaire d’assistance peut permettre d’entrevoir le bout du tunnel dans la crise actuelle.

La situation dans les pays voisins du Cameroun, et particulièrement en République centrafricaine, où la France et le Cameroun n’ont eu de cesse d’œuvrer pour un retour définitif à la paix, n’a pas été oubliée. De même que le Gabon pour lequel, a-t-il fait savoir, le président de la République s’est félicité de l’évolution de l’état de santé du président Ali Bongo Ondimba, actuellement en convalescence au Maroc. Et puis, last but not the least, la situation sociopolitique en France : « Le président m’a interrogé sur le mouvement des gilets jaunes qu’il a suivi comme tous les Camerounais avec intérêt, en essayant de comprendre ce qui allait se passer. Je lui ai fait le point des mesures qui ont été annoncées par le Premier ministre français, avec l’ouverture d’un dialogue qui a été difficile à établir », a conclu S.E. Gilles Thibault face à la presse. Des sujets et d’autres qui, de son point de vue, nécessitaient qu’il consulte aussi longuement le président de la République.

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