Transparence, équité et objectivité

Le cadre organique de l’opération de recrutement spécial des enseignants dans les universités d’Etat du Cameroun au titre des exercices 2019-2021 est connu, après la signature, le 10 décembre 2018, d’un arrêté du Premier ministre, chef du gouvernement y relatif. Cette entrée en scène de Philemon Yang fait suite à la récente décision présidentielle ordonnant le recrutement spécial de 2 000 enseignants titulaires du doctorat PHD dans les universités d’Etat au cours des trois prochaines années. L’année 2019 devant marquer le début effectif de la mise en œuvre de cette décision, avec notamment le recrutement prévu de 1 000 enseignants. Le défi est de taille, car les profils recherchés sont pointus et ne courent pas les rues. D’où la répartition de l’opération sur trois ans afin de permettre aux doctorants actuels de parachever leur thèse. D’où également la dérogation relative à l’âge qui permet d’aller puiser parmi les postulants ayant jusqu’à 45 ans, largement au-dessus de la li mite d’âge de 35 ans. Il est donc clairement question d’élargir le potentiel existant. Par ailleurs, dans le souci de garantir la transparence, l’équité et l’objectivité de toute l’opération de recrutement, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur peut prendre, d’après l’arrêté du Premier ministre, des textes particuliers soumis à l’approbation de celui-ci. Ces textes particuliers, déjà en préparation au ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup), de source proche du dossier, visent à parfaire et à renforcer le dispositif général mis en place afin de coller à la réalité de l’enseignement supérieur au Cameroun. Le texte du Premier ministre, faut-il le rappeler, a pour finalité d’encadrer un objet précis qui doit suffisamment être mis en évidence pour apporter des réponses appropriées aux problèmes qui se posent sur le terrain. Les textes particuliers attendus du Minesup, en relation avec le souci de garantir la transparence, l’équité et l’objectivité, vont ainsi par exemple, s’appesantir sur le respect des procédures ; l’encadrement de la possibilité de faire des requêtes au cas où un prétendant au recrutement s’estimerait lésé ; la dénonciation des soupçons de manipulation, de tripatouillage et de favoritisme ; le respect des quotas par filière de formation, selon les simulations faites dans les universités ; la nécessité de privilégier les établissements technologiques et professionnels nouvellement créés ainsi que les filières dites orphelines ou en voie de disparition (ingénierie industrielle, biopharmacie, filières médicales insuffisamment développées à l’instar de la chirurgie orthopédique, etc.). Dans cet esprit, il ne s’agira certainement pas de recruter n’importe quel assistant, chargé de cours, maître de conférences et professeur. Le curseur devra nécessairement être mis sur les pré-requis que le Cameroun doit remplir s’il veut accéder à l’horizon indiqué au statut de pays émergent. Les universités d’Etat, pendant cette opération, devront être approvisionnées en formateurs de qualité pour qu’il y ait à moyen et à long termes un boom dans la formation des ingénieurs et autres technologues dont le pays a besoin pour intensifier et densifier la transformation de la matière. L’enjeu, in fine, étant de changer de paradigme pour assurer le décollage économique du pays.

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