Budget 2019: qui a droit à quoi ?

Le 11 décembre dernier, le président de la République a promulgué la loi N°2018/022 du 11 décembre 2018 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2019. Pour 2019, le gouvernement table sur une enveloppe globale de 4 850,5 milliards de F, soit une augmentation de 161 milliards de F en valeur absolue et 3,4% en valeur relative par rapport à l’exercice 2018. La promulgation de cette loi intervient après son examen et son adoption par les deux chambres du parlement au cours de la 3e session ordinaire de l’année législative qui a pris fin le 1er décembre 2018.

En présentant le Programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice 2019, le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang n’avait pas manqué de relever le contexte de la présentation, par le gouvernement, de ce texte : on se situait au lendemain de la prestation de serment du président de la République réélu à l’issue de la présidentielle du 7 octobre 2018. Une première année de septennat qui sera marquée des défis qu’il convient de relever. Ceux-ci portent notamment sur la sécurité, le président Paul Biya ayant fait du retour définitif à la paix sur l’étendue du territoire national, l’une de ses priorités. Ceci concerne aussi bien la région de l’Extrême-Nord que les deux régions du Nord-Ouest et du SudOuest. Une situation qui va entraîner des dépenses, la sauvegarde de l’intégrité territoriale du Cameroun n’ayant pas de prix. Il s’agit en outre de répondre, selon le chef de l’Etat à un certain nombre d’attentes exprimées par ses compatriotes, dont une plus grande implication à la gestion de leurs affaires locales. A propos, le président de la République entend donner un coup d’accélérateur au processus de décentralisation implémenté dans notre pays depuis 2010. Il l’avait déjà annoncé dans son message de fin d’année 2017 à ses compatriotes. Il l’a réitéré dans le discours inaugural de son septennat le 6 novembre 2018. Un souci marqué par la création d’un ministère spécifiquement dédié à la décentralisation depuis le réaménagement gouvernemental survenu le 2 mars 2018. Si ce département ministériel s’est vu doter d’une enveloppe budgétaire de 11,4 milliards de F à la suite d’une ordonnance signée par le président de la République le 9 avril 2018, la loi promulguée le 11 décembre dernier est venue renforcer la détermination du chef de l’Etat de voir ce processus connaître une accélération. L’enveloppe allouée au ministère de la Décentralisation et du Développement local est de 45,7 milliards de F. Le budget 2019 prend également en compte le Conseil constitutionnel, la dernière-née des institutions de la République. Sur les autres grandes masses budgétaires, il faut relever que la part belle est encore faire aux départements ministériels en charge de la formation de la jeunesse camerounaise (éducation de base, enseignements secondaires, enseignement supérieur). Les trois départements ministériels s’en tirent avec 675 milliards de F contre 637 milliards de F pour l’exercice en cours. Signe sans doute de la volonté du président de la République de continuer à accorder de l’intérêt à la formation de la jeunesse camerounaise. Le budget 2019 repose sur des hypothèses de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 4,4%, un prix du baril de pétrole à 63,5 dollars et une parité de 555,1 FCFA pour un dollar américain. Certaines mesures dans le cadre de l’élargissement de l’assiette fiscale sont annoncées. Certains produits à l’instar de la friperie, les véhicules d’occasion, les pneumatiques, certains produits électroniques, pour ne citer que ceux-là sont concernés. Le but visé ici étant l’augmentation des recettes fiscales, la protection et la promotion des produits locaux, la protection des populations contre l’invasion des produits nocifs. Par ailleurs, le Cameroun devrait continuer à poursuivre la construction des chantiers lancés dans la perspective de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de football. en vue de les achever suffisamment à temps, selon le cahier des charges de la Confédération africaine de football.

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