Fecafoot: les défis du nouvel exécutif

Entre la réorganisation du football dès la base, la bonne gouvernance et l’apaisement des tensions entre acteurs, la tâche s’annonce ardue.

Après une très longue journée qui s’est d’ailleurs achevée aux premières heures du 13 décembre, la Fédération camerounaise de football s’est dotée d’un nouvel exécutif. Au cours de l’assemblée générale élective de mercredi dernier, on a assisté bien sûr à l’élection de Seidou Mbombo Njoya au poste de président. Mais, il y a aussi eu la désignation, par les urnes, des membres du Comité exécutif qui accompagneront le nouveau patron du football camerounais durant quatre ans. Car c’est un secret de polichinelle que de dire que les chantiers sont nombreux du côté de Tsinga. Et celui qui invitait, lors de sa campagne, à se mettre « Ensemble pour le changement », en semble conscient.

Dans l’urgence, il faut relancer une machine grippée en termes de résultats, en ce qui concerne les sélections nationales. Celles-ci peinent à s’imposer depuis le sacre du Cameroun à la CAN 2017 au Gabon. A brève échéance, il faudra assurer la présence des Lions à la CAN 2019 lors du dernier match qualificatif en mars prochain ; la sélection féminine espère bénéficier d’une préparation de qualité pour représenter dignement le pays à la prochaine coupe du monde en France, tout comme les cadets, qualifiés pour la CAN de la catégorie. A moyen terme, il faudra bien repenser les fondements de ces équipes. C’est ici qu’intervient la Direction technique nationale. Cette dernière, cheville ouvrière du football dans tous les pays du monde, doit enfin éclore de la chrysalide dans laquelle elle se trouve depuis des années. Il est temps de la remettre au centre du développement du football, comme l’a promis Seidou Mbombo Njoya.

Au-delà des sélections nationales, une réorganisation de la discipline s’impose, avec notamment la mise en place urgente des ligues spécialisées. La plus importante étant certainement celle en charge du football des jeunes. Il faut repartir à la base pour construire sur le long terme à l’exemple des pays comme l’Allemagne ou la France.                     Le football féminin n’est pas en reste au vu des résultats obtenus avec les équipes nationales. Il faut toutefois aller bien au-delà et reformer un championnat toujours à la peine. A côté, il y a le Beach Soccer et le futsal en plein essor sur la scène internationale, mais toujours en retrait localement. Et que dire de la Ligue de football professionnel du Cameroun en proie à une instabilité chronique qui retarde véritablement le décollage du professionnalisme ?

Et comme le football va désormais bien-au-delà du terrain, il faut repenser sa gouvernance, en mettant fin aux mauvaises pratiques, à la corruption, au tripatouillage, etc. Une meilleure gestion qui signifierait plus de ressources financières, notamment en ce qui concerne les sponsors. Tout ceci ne serait possible que si le nouvel exécutif de la Fecafoot réussit à rassembler tous les acteurs du football. Ceux-ci, depuis 2013 au moins, sont englués dans des clans qui se regardent en chiens de faïence. Les 15 derniers mois, marqués par une nouvelle Normalisation qui s’achève le 16 décembre prochain, n’ont pas arrangé les choses. Seidou Mbombo Njoya a assuré qu’il est le président de tout le monde et que le rassemblement des différents acteurs faisait partie de ses priorités. Attendons de le voir à l’œuvre.

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