Comité de désarmement et de réintégration: Paul Biya abat une nouvelle carte

Dans un souci d’apaisement et de mettre fin à la crise dans certaines régions, le président de la République offre une voie de sortie aux ex-combattants.

Le ton a été donné le 6 novembre 2018 du haut de la tribune de l’Assemblée nationale dans le cadre du discours inaugural de son septennat. Le président de la République a lancé un appel aux jeunes qui ont pris les armes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en les invitant à se détourner de cette aventure sans lendemain. « Fort du soutien du peuple camerounais tout entier et persuadé qu’il existe une issue honorable, dans l’intérêt de tous, je ferai en sorte que le calme et la sérénité reviennent dans les deux régions concernées dans le respect des institutions dont je suis le garant » avait alors martelé Paul Biya. Conscient de ce que la situation de guerre actuelle ne profite à personne, surtout pas à la majorité de la population qui ne demande qu’à vivre en paix, le chef de l’Etat a décidé de poser un nouvel acte fort.

Vingt-quatre jours après son discours, il a créé le Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration des ex-combattants de Boko Haram et des groupes armés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Comme son nom l’indique, le CNDDR qui a son siège à Yaoundé et trois centres à Bamenda, Buea et Mora a des missions précises : organiser, encadrer et gérer le désarmement, la démobilisation et la réintégration des anciens combattants désireux de répondre favorablement à l’offre de paix. Il ne s’agit pas d’un simple appel à déposer les armes, puisque le gouvernement offre à ces Camerounais, jeunes pour la plupart, des opportunités de retrouver leur place au sein de la société.

Mais il convient de dire que la création du CNDDR par le président de la République n’est qu’un acte parmi tant d’autres dans sa volonté sans cesse affirmée de voir revenir définitivement la paix dans les trois régions qui sont couvertes par le champ d’action de cette structure. Une centaine d’ex-combattants de la secte terroriste est prise en charge aux frais de l’Etat dans le camp de la Force multinationale mixte (FMM) à Mora. Dans le cas spécifique des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le 21 juin 2018 a été officiellement lancé le Plan humanitaire d’urgence pour les deux régions. Doté d’une enveloppe de 12,7 milliards de F, ce sont près de 2,5 milliards de F qui ont été collectés dans la première phase de cette opération, auxquels il faut ajouter une mobilisation des partenaires étrangers du Cameroun.

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