Présidentielle 2018: la victoire de l’expérience

Au terme d’une élection en plusieurs points historique, et âprement disputée, Paul Biya a remporté haut la main, le droit d’exercer un septième mandat à la tête de l’Etat

L’événement politique de l’année 2018 au Cameroun a tenu toutes ses promesses. La présidentielle du 7 octobre a incontestablement été le grand moment de la vie de la Nation que les Camerounais attendaient. Paul Biya, président candidat en est sorti vainqueur, avec 71,28% des suffrages, faisant triompher un slogan de campagne qui lui allait comme un gant. C’est bel et bien « la force de l’expérience » qui a finalement eu le dessus sur des adversaires fougueux et bien déterminés à renverser la vapeur. L’homme d’expérience qui en a vu d’autres, a su convaincre les électeurs par un savoir-faire éprouvé au cours des 36 dernières années de pouvoir.

Paul Biya a présenté aux électeurs, un programme en dix points, qui est globalement une suite logique de son projet de marche vers le statut de pays émergent à l’horizon 2035. Le septennat des Grandes opportunités que les Camerounais ont voté à une large majorité a donc succédé à ceux des Grandes ambitions (2004-2011) et des Grandes réalisations (2011-2018). Avec le même fil conducteur : une amélioration constante des conditions de vie des populations ; une plus grande audace en matière d’investissements, une place de choix pour l’agriculture et l’industrialisation, une appropriation résolue du numérique… Le tout dans un climat de paix et de stabilité. Voilà ce que les électeurs camerounais ont choisi le 7 octobre 2018.

Et l’histoire retiendra que cette élection n’a ressemblé à aucune autre au Cameroun. Un caractère inédit conféré par plusieurs facteurs. Le moindre n’est pas l’entrée en scène du Conseil constitutionnel, institution prévue par la loi fondamentale depuis 1996, pour, entre autres, veiller sur la régularité de l’élection présidentielle, et qui a pris corps en ce début d’année 2018. Un galop d’essai lors des élections sénatoriales du 25 mars. Et puis ce coup de maître réussi tout au long du processus ayant conduit à l’élection du président de la République. Le président, Clément Atangana et toute son équipe ont si bien marqué leurs premiers pas, qu’ils ont rapidement été eux aussi parmi les « stars » de cette présidentielle à rebondissements. L’on a encore en mémoire les quatre jours de contentieux électoral, diffusé en direct à la télévision dans un esprit d’ouverture, une liberté d’expression et de ton remarquable ; et des joutes verbales d’une rare intensité qui ont tenu la nation en haleine.

Autre caractère fort de cette présidentielle : les profils des adversaires de Paul Biya. Le rival de toujours, John Fru Ndi avait laissé la place à un jeune loup. Joshua Osih qui a fait patiemment fait ses classes au Social Democratic Front a été investi, pour une compétition riche en forces émergentes. Maurice Kamto du Mouvement pour la Renaissance au Cameroun (MRC), son allié de dernière heure, Akere Muna (FDP), Cabral Libii (Univers) ou encore Serge Espoir Matomba ont confirmé la montée de nouvelles forces politiques. Un constat du reste consolidé par les résultats de la présidentielle. Où le candidat du SDF (3,35%) n’est arrivé qu’en 4e position, loin derrière ceux du MRC (2e avec 14,23%) et de l’UNIVERS (3e avec 6,28%).

La présidentielle a été un moment très animé de la vie politique nationale. Avec notamment une tentative d’autoproclamation des résultats par le candidat Maurice Kamto, qui a ensuite exprimé des velléités de contestation des résultats par la rue. Heureusement pas suivies. Une autre manifestation de la maturité des populations camerounaises qui savent plus que jamais quel pouvoir a la carte d’électeur et combien la paix est précieuse. C’est une autre leçon de la présidentielle. Une autre raison qui peut expliquer la victoire sans bavure de Paul Biya.

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