Fichier du personnel de l’Etat: près de 20500 agents manquent à l'appel

Le communiqué rendu public à l’issue du Conseil de cabinet présidé hier par le PM, Philemon Yang

« Sous la présidence du Premier ministre, chef du gouvernement, Monsieur Philemon Yang, s'est tenu un Conseil de cabinet ce jeudi 27 décembre 2018 dès 09h, à l'Immeuble principal abritant ses Services.

Y ont pris part, le vice-premier ministre, les ministres d'Etat, les ministres, les ministres délégués et les secrétaires d'Etat.

Deux thèmes figuraient à l'ordre du jour de ce Conseil :

1.    le bilan et les perspectives de l'opération de comptage physique du personnel de l'Etat, présenté par le ministre des Finances ;

2.    la gestion prévisionnelle des ressources humaines de l'Etat, exposée par le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative.

Intervenant au terme de la communication introductive du chef du gouvernement, le ministre des Finances a fait savoir que l'opération de comptage physique du personnel de l'Etat a été instruite par le président de la République, à la faveur de la circulaire sur la préparation du budget de l'Etat pour l'exercice 2018. La première phase de cette opération a consisté en la collecte des données, qui s'est déroulée du 20 avril au 10 juillet 2018 sur toute l'étendue du territoire, en collaboration avec la police des frontières. A l'issue du traitement des données recueillies, il est apparu que sur les 310 786 agents publics ciblés, 285 092 actifs ont été recensés avec succès tandis que 4 621 agents recensés ont vu leurs dossiers invalidés pour différents motifs. Par ailleurs, 20 428 agents publics ne se sont pas fait recenser, tandis que 645 agents déclarés décédés par les institutions bancaires et les postes comptables ont immédiatement été suspendus du fichier solde de l'Etat. Bien que ne faisant pas partie de la cible initiale, cette opération a également permis de suspendre du fichier solde 2 732 pensionnés ou chefs traditionnels décédés.

Poursuivant son propos, le ministre des Finances a indiqué que la deuxième phase de cette opération a débuté le 26 octobre 2018 et s'achèvera le 04 janvier 2019. Elle est consacrée à la gestion précontentieuse de la situation des agents publics qui ne se sont pas fait recenser pendant la première phase, ou ceux dont le recensement a été invalidé. Pendant cette période, ces agents devront passer devant des équipes de contrôle pour justifier leur situation, avant d'entrer en possession de leurs bons de caisse.

Pour terminer, le ministre des Finances a souligné que les suspensions de solde déjà effectuées génèrent une économie budgétaire de 394,7 millions de FCFA par mois, soit 4,7 milliards de FCFA par an. Il a proposé, en guise de perspectives, le renforcement du dispositif de gestion des ressources humaines de l'Etat, en particulier le cadre règlementaire en matière disciplinaire, ainsi que l'intégration de la biométrie dans la mise en œuvre de la deuxième phase du Système Informatique de Gestion Intégrée des Personnels de l'Etat et de la Solde (SIGIPES II).

Intervenant sur le deuxième point à l'ordre du jour, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative a d'emblée relevé que la gestion prévisionnelle des ressources humaines de l'Etat a pour objectif d'assurer la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques et plans d'actions cohérents. Elle permet de réduire, de manière préventive, les écarts entre les besoins et les ressources disponibles, en fonction des objectifs stratégiques poursuivis par les pouvoirs publics. Le ministre a ensuite précisé que dans le souci d'améliorer le rendement des effectifs de l'administration publique, le Gouvernement s'est doté en 2010 d'un cadre de référence en matière de gestion prévisionnelle des ressources humaines de l'Etat. La logique à l'œuvre consiste à (i) planifier les recrutements dans la Fonction publique, dans l'optique de maîtriser les effectifs et de contenir la masse salariale ; (ii) assurer le suivi de la carrière des agents publics et (iii) anticiper sur les départs à la retraite, afin d'éviter le prolongement de la vacance des postes libérés.

Après avoir évoqué les actions menées et les insuffisances observées dans le cadre de l'implémentation d'un modèle national de gestion prévisionnelle des ressources humaines de l'Etat au Cameroun, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative a présenté les mécanismes permettant de renforcer cette démarche à moyen et long termes. Il s'agit notamment (i) du contrôle des effectifs de l'Etat à travers la poursuite des opérations d'assainissement du fichier des agents publics et la finalisation de la cartographie des postes de travail ; (ii) de la rationalisation des recrutements dans la Fonction Publique sur la base des critères de pertinence, d'opportunité et de soutenabilité budgétaire ; (iii) de la recherche d'une meilleure adéquation entre la formation et l'emploi.

Au terme des échanges consécutifs à ces deux exposés, le Premier ministre a prescrit au ministre des Finances de parachever dans les délais prévus, l'opération de comptage physique du personnel de l'Etat. Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative devra, pour sa part, poursuivre les actions visant à renforcer le cadre de référence de la gestion prévisionnelle des ressources humaines de l'Etat. Le chef du gouvernement a enfin demandé à tous les départements ministériels de procéder à l'assainissement régulier des fichiers des personnels de l'Etat mis à leur disposition.

Dans les divers, le Conseil a suivi un point d'information du ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, relatif à la Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, ratifiée par le Cameroun le 23 août 1994.

Le Conseil s'est achevé à 11h 30mn. »

 

Yaoundé, le 27 décembre 2018

 

Le Secrétaire général des Services du Premier ministre,

(é) FOUDA Séraphin Magloire

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