Climat social : les « bendskineurs » en posture républicaine

En 2018, les conducteurs de motos-taxis se sont spécialement illustrés comme défenseurs des institutions et de la paix.

Hier fustigés par la société du fait de comportements parfois aux antipodes de l’ordre public, les conducteurs de mototaxis à travers les villes camerounaises ont progressivement conquis respect et admiration. Ceux-ci ne s’identifient plus par des actes d’agression et d’incivisme. Cela se voit à travers leur engagement à appuyer les pouvoirs publics dans le maintien de la cohésion sociale dans la cité économique. 

Des exemples sont légion, qui mettent en avant le côté patriote des « bendskineurs » à travers diverses actions positives. Notamment la mobilisation pour les inscriptions sur les listes électorales à la veille de la dernière élection présidentielle. Le 18 Septembre 2018, ils avaient convié le ministre de l’Administration territoriale (Minat) Paul Atanga Nji à une rencontre au parcours Vita de Douala. Celle-ci avait alors connu la participation de milliers de « bendskineurs ». Willy Kengne, l’un des leaders, avait exprimé le désir de ses collègues de rompre avec l’image peu reluisante qui caractérise cette activité. Après cette rencontre très courue, les conducteurs de motos ont multiplié d’autres appels en faveur du vivre ensemble et du respect des institutions.

D’un commun accord, ils ont ensuite refusé de participer aux différentes manifestations organisées dans la ville de Douala, par des leaders politiques. Par exemple, un mot d’ordre lancé par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), dont le départ de la marche pacifique était prévu le 27 Octobre dernier au quartier Dakar, n’avait pas été suivi.

Ce corps entend désormais gagner son pain et sa notoriété dans le respect des institutions et de ceux qui les incarnent. C’est ainsi que ces derniers mois, on a été témoin de nombreuses formations impliquant des centaines de conducteurs, à l’initiative d’entreprises citoyennes, de la Gendarmerie nationale et du gouvernement dans son ensemble.

 La plus récente est celle du 21 décembre 2018 où près de 300 conducteurs de moto ont été formés en vue de l’obtention du permis de conduire avec à chaque fois des promesses d’un soutien mutuel, telles que l’assainissement de leur secteur ou encore à travers une franche collaboration avec les autorités. C’est donc la raison pour laquelle les mots d’ordre de déstabilisation ne trouvent plus écho dans les rangs des mototaxis, plus occupés à chercher leur pain quotidien.

En somme, le capital confiance règne. Cependant, il est attendu plus d’efforts. Notamment le respect de la réglementation, notamment en ce qui concerne le port du casque, le Code de la route, etc.

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