Situation dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest: l’économie à la peine !

Le conflit armé en cours dans ces régions a paralysé le business avec des menaces certaines de contagion sur le tissu économique national.

Difficile, mais alors difficile de parler du drame qui se noue chaque jour dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest d’un point de vue économique. C’est le désastre, la panique. Les indicateurs sont au rouge. Ici, on est dans le règne de l’agro-industrie avec 20% de la population du Cameroun et pour principales spéculations : le cacao, le café et le thé. Le Sud-Ouest représente 45% de la production cacaoyère nationale alors que le Nord-Ouest est le principal bassin de production du café arabica avec plus de 70% de la production nationale. Du fait de l’instabilité ambiante dans les deux régions, la filière cacao-café a connu au cours de la campagne 2017/2018 une perte de 56 milliards de FCFA (20%) de recettes d’exportation. Dans les deux régions, on ne se contente plus de gérer le diktat de simples opérations des « ghost town » du lundi, ni même d’évaluer les pertes matérielles liées aux incendies répétés des marchés de Bamenda ou d’ailleurs. Il y a plus préoccupant. Les piliers de l’agro-industrie dans la région du Sud-Ouest sont à l’agonie. Hier encore, c’est le personnel de la Cameroon Development Corporation (CDC) qui battait le pavé. Ces travailleurs ont déjà passé six mois sans leur paie et ils veulent que la descente aux enfers s’arrête. Toujours selon les données actualisées du Gicam et publiées en juillet dernier, une valorisation sommaire des pertes enregistrées se chiffre à : productions perdues de banane, huile de palme et de caoutchouc : 9,2 milliards de FCFA ; un manque à gagner en chiffres d’affaires : 11,4 milliards de FCFA ; autres pertes (équipements volés/détruits, rançons, vols, …) : 1,031 milliards de FCFA. Toujours selon l’évaluation du Gicam à date et en supposant un retour rapide vers le calme et la sécurité, la CDC aura besoin d’une injection de fonds de l’ordre de 15 milliards de FCFA pour financer un éventuel plan de relance. Ce qui est vrai pour la CDC, l’est également pour Pamol, PHP à Tiko, Telcar Cocoa, SABC, les entreprises de téléphonie mobile (300 millions FCFA d’équipements détruits et plus d’un milliard FCFA de manque à gagner par mois.), le secteur bancaire, les start-up, le port de Douala où les exportateurs de la banane, du café, du thé, de l’huile de palme ressentent une baisse de leur activité avec pour corollaire la baisse ou la rareté des devises.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category