Apejes de Mfou: la coupe, ça s’arrose

Le trophée remporté le 30 octobre par le club a été présenté aux populations le 6 novembre dernier.

Le temps s’est comme arrêté. Le soleil pointe au zénith. Des populations, par centaines, ont formé une haie d’honneur. Dans un véhicule, le trophée de la 57e édition de la coupe du Cameroun scintille sous les rayons de ce soleil de midi. Le 6 novembre, la foule s’est mobilisée à l’entrée de la ville à Mfou, dans le département de la Mefou-et-Afamba, l’un des départements de la région du Centre. Jacques Olih, défenseur et capitaine de l’Association d’appui à l’éducation des jeunes par le sport (Apejes), Franck Boya, double buteur de la finale, sont juchés sur un véhicule. Au milieu d’eux, le maire, Roger Belinga, tient le trophée.
Silence. Puis, la fanfare, d’une vingtaine de personnes, donne le ton. Roulement de tambours et début de la parade. Pour les habitants de Mfou, rien n’a plus d’importance. L’information a circulé, les curés l’ont annoncé : les joueurs d’Apejes seront à la maison le 6 novembre. Jean-Marie Menye, riverain, comme d’autres, est là pour célébrer cette équipe. Ils viennent des villages Ekid Bekoe, Mehandan, Nkolsalah… Ils accueillent cette équipe qui leur a fait honneur. Pas seulement à eux, mais à toute la région du Centre. Les 19 joueurs de la finale de la coupe sont donc acclamés par la foule. Junior Atemengue, milieu de terrain, alias Adebayor, Atangana Atangana (défenseur) sont dans l’allégresse. « Une photo avec le chat ? » parlant du gardien de but, Junior Dande. « Il est où, Boya ? » Bouts de phrases captés à la volée au milieu de la frénésie.  Aimé Léon Zang, président du club, le regard pétillant dodeline de la tête. Il n’arrive pas à y croire. Apejes entre à Mfou comme Jésus à Jérusalem. Lui, tout petit, à la cabine du véhicule 4x4, a la tête plongée dans ses pensées. Pour Roger Belinga, « le président de la République s’est merveilleusement rendu compte que la Mefou-et-Afamba et Mfou sont désormais le siège social de l’intelligence du football camerounais ».
Pharmacie Elanssial, Boulangerie le pain quotidien…, la place des fêtes puis halte à la maison du parti. Dans la foule, des supporters refont le match côté gradins. Ils décrivent comment ils ont tenu devant la foule adverse. Ils analysent. Ils font des remontrances à Franck Boya, évoquant des  erreurs de jeu au milieu du terrain. « Tu commettais beaucoup de fautes. Regarde,  tu te souviens de la passe de Messi ? (Raphaël Messi Bouli, ndlr)… », raconte Staviny Lienkom, supporter. Des joueurs sont hélés par des quidams. Pause photo oblige. Pas de négociation. C’est la minute conseils au double buteur de la finale du 30 octobre dernier. Michel Akieme Fouda, 11 ans, élève au lycée bilingue vient de terminer la messe à la chapelle catholique du coin. D’abord timide, puis, encouragé par des proches, il prend son courage et pique un sprint en direction du meuble où est posé le trophée. « Je l’ai touché. J’ai touché la coupe que le président a touché », hurle-t-il dans un état d’excitation incommensurable. Et ce trophée, dédié par le maire au chef de l’Etat, est le fruit de la témérité. Si à la volée, Jean-Bernard Ndongo Essomba a offert une prime d’un million à l’équipe, les élites, elles, promettent de se mobiliser pour pérenniser cette révolution. Agapes, selfies, communion avec des badauds. La fête va s’achever après 17h.
 

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie