Pour un retour aux principes originels de l’ONU

La constance et la récurrence du multilatéralisme dans le discours du président de la République traduisent son attachement aux principes originels des Nations unies. Il n’est pas superflu de rappeler qu’à sa création, l’Onu avait pour finalité la paix collective. Hélas, nous assistons tous, depuis quelques années, à l’érosion de ce système de sécurité collective. Aujourd’hui, les Etats, face aux difficultés économiques, ont tendance à se recroqueviller sur eux-mêmes en fermant leurs frontières. Le nationalisme et son corollaire le protectionnisme sont en train de déconstruire les acquis qui maintiennent le monde en équilibre depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Or, l’histoire de l’humanité montre que l’adoption de politiques protectionnistes a été une des causes de l’avènement du plus grand cataclysme militaire que la terre ait porté : la seconde guerre mondiale. La création de l’Onu et plus tard celle des institutions de Bretton Woods et de l’Omc (héritière du Gatt) dans les années 40 répondait à cette quête de consensus qui consiste à trouver des solutions aux questions transfrontalières au moyen d’un consensus. Comme il le fait depuis quelques années, Paul Biya sonne donc la charge contre ces pratiques qui constituent des menaces sérieuses à la paix mondiale. Il l’avait déjà fait il y a deux ans lors de la 72e Assemblée générale de l’Onu. Il l’a réitéré en septembre dernier lors du Sommet du Forum de Coopération Chine-Afrique dans la capitale chinoise. Hier, devant le corps diplomatique accrédité au Cameroun, le chef de l’Etat camerounais s’est encore présenté comme un « mendiant de la paix ».

En affichant sa très grande inquiétude pour la fragmentation du multilatéralisme qui caractérise les relations internationales et surtout les échanges commerciaux depuis quelques années. En homme d’Etat avisé, Paul Biya dresse un diagnostic sans complaisance de la conduite des relations internationales : le consensus tel qu’il rythme la vie des Etats depuis 1945 est fortement menacé par des postures et des discours qui prônent le protectionnisme et le nationalisme. Les garants de la paix dans le monde que sont l’Onu et son Conseil de sécurité sont progressivement supplantés.

Dans la même veine, le système commercial multilatéral qui est l’une des pièces angulaires du système économique mondial, connaît actuellement de graves dysfonctionnements. Paul Biya interpelle ainsi la communauté internationale sur cette crise du multilatéralisme. Pour lui, les Nations Unies doivent rester l’épicentre de la paix dans le monde. Le disant, le chef de l’Etat camerounais réaffirme ainsi l’option de la diplomatie camerounaise marquée par son ouverture à tous les autres Etats de bonne volonté, soucieux de l’accompagner dans sa marche vers l’émergence.

A cet effet, Paul Biya souligne que son pays « s’efforcera de poursuivre et développer les échanges avec ses partenaires traditionnels ainsi qu’avec tout pays désireux de nouer avec nous une coopération mutuellement bénéfique ». Les choix de coopération du Cameroun s’opèrent ainsi sur la base de leur rentabilité et de leur plus-value sur la vie des populations camerounaises.

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