France : le temps du dialogue …

Un grand débat national initié par le président Emmanuel Macron débute en principe ce mardi.

Alors que la France est secouée depuis plusieurs semaines par des spasmes d’un mouvement social (la crise des « gilets jaunes ») qui a pris à certains moments, une tournure d’émeutes populaires, le président français Emmanuel Macron invite les Français à une large concertation pour signer un nouveau contrat social. En prélude à cette concertation, Emmanuel Macron a pris la plume dimanche dernier pour s'adresser à chacun de ses compatriotes. Dans une lettre ouverte, il a présenté les enjeux de la consultation nationale qui s'ouvre ce mardi 15 janvier. « Pour moi, il n'y a pas de questions interdites », a notamment écrit le président Macron.  « Transformer avec vous les colères en solutions » a-t-il ajouté.

Mais si a priori il n’y a pas d'interdits dans ce dialogue national, un cadre est défini et suscite déjà des polémiques au sein de la classe politique. Dans l'opposition, on soupçonne un débat verrouillé où certains thèmes seront ignorés. En effet, des sujets relatifs à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), à la peine de mort, au mariage pour tous ou encore à la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) par exemple, sont proscrits. D’où le boycott du débat prôné par certains. Le Rassemblement national de Marine Le Pen déclare ne pas croire à la pertinence de cette consultation. Éric Coquerel, de la France Insoumise, a déclaré qu'aucun cadre du mouvement ne participera à cette «entourloupe destinée à enterrer les gilets jaunes ». Et pour Nicolas Dupont-Aignan, de Debout La France, ce débat est « une baudruche déjà dégonflée ».

Malgré les critiques, le débat aura bien lieu. Et des  partis de l’opposition ont annoncé qu’ils y prendront part. Les Républicains préconisent ainsi une attitude plus « positive » : « notre objectif c'est de sortir du chaos, de tout faire pour que les choses s'arrangent », a déclaré la porte-parole du parti, Laurence Saillet. Les communistes et les socialistes sont également disposés à participer.

Quoi qu’il en soit, certains observateurs saluent l’initiative présidentielle qui a reconnu l’acuité du désarroi exprimé par les « gilets jaunes » et la légitimité d’une partie de leurs revendications. Par ailleurs, cette consultation tranche avec la méthode Macron qui a dans un premier temps a imposé ses réformes à marche forcée et est aujourd’hui plus disposé à un débat démocratique. Et incidemment, les propositions des Français devront contribuer à améliorer la gouvernance de leur pays. Les Français ont jusqu’au 15 mars pour s’exprimer…

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category