Adamaoua: une stratégie contre l’insécurité

Les autorités administratives et les chefs traditionnels se concertent par rapport au phénomène de prises d’otages

Les chiffres donnent le tournis. De 2015 à 2018, 311 personnes ont été enlevées, 29 personnes libérées suite à l’intervention des forces de défense et des comités de vigilance, 70 personnes tuées, 212 personnes libérées après paiement de rançon d’un montant total de 2,1 milliards de F, révèle le rapport présenté lors de la réunion de crise sur le phénomène d’insécurité dans l’Adamaoua.

Ledit rapport a été présenté samedi dernier à la salle des fêtes du lycée classique et moderne de Ngaoundéré. Il a été dressé par « l’association Mboscuda », l’une des associations victimes du phénomène du rapt des éleveurs dans l’Adamaoua. Les assises ont été convoquées par le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar.

Jeudi dernier déjà, il avait réuni son état-major dans ses services pour arrêter une stratégie par rapport à la problématique de l’insécurité. « Ce phénomène met à mal la population. Nous assistons à la détérioration du tissu social. De même, les bœufs sont abandonnés, personne ne peut aller voir et prendre en charge les animaux.

Plus de 5 millions de bœufs ont été volés », a souligné Maroufou Hamidou, porte-parole de l’association Mboscuda. « Nous savons que parmi nous, il se trouve des complices. De ce fait, certaines personnes, de peur des représailles, préfèrent garder l’anonymat », appuie à son tour le vice-président national de l’association Mboscuda, Halidou Abdoulaye.

Le phénomène de kidnapping des bergers est préoccupant dans la région. Sur les cinq départements que compte l’Adamaoua, seul le Mayo-Banyo n’a enregistré aucune prise d’otage. Pour le gouverneur, l’insécurité ne saurait perdurer. Il faut prendre le taureau par les cornes pour un retour à la tranquillité.

« Il s’agit d’une lutte à laquelle tout le monde doit participer. Il s’agit d’une défense populaire. Nous allons mutualiser nos efforts et fédérer nos énergies pour en découdre avec ces bandits de grand chemin », a-t-il lancé. Il a rassuré que « les pouvoirs publics sont montés d’un cran dans la lutte avec le renforcement des effectifs et la mise à disposition des moyens adéquats. Nous sommes convaincus que cette lutte va bientôt porter ses fruits », a souligné le gouverneur. A l’issue de la réunion, des recommandations ont été formulées. Les chefs traditionnels et les associations ont promis apporter un concours utile aux comités de vigilance et aux forces de défense et de sécurité.

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