Enseignement privé confessionnel: des parents expriment leur ras le bol

Calendrier scolaire particulier, manuels didactiques additionnels, rigorisme excessif… La litanie des plaintes est bienlongue.

C’est un élève de 4e qui rejointson collège, la mort dans l’âme, en ce jour du mois de décembre. « Maman, le surveillant a dit que tout élève dont le pantalon ne présentera pas un pied américain n’entrera pas au collège aujourd’hui », fait savoir le gamin de 12 ans, au bord des larmes. Excédé par l’urgence de la mesure qui n’est tombée que la veille, le parent est obligé d’aller jusqu’à l’entrée de l’établissement pour veiller à ce qu’il y accède. Plusieurs recalés poireautent déjà devant le portail. Le surveillant est intraitable devant le plaidoyer des élèves et parents. « Franchement, quel est le rapport entre le pied américain d’un pantalon et les performances scolaires d’un élève ? Pendant qu’on demande aux enfants de se concentrer sur les études, c’est plutôt l’établissement qui les distrait avec des histoires de pieds de pantalon. Nous croyons savoir que c’est le « slim » qui est interdit. Pourquoi ne l’avoir pas précisé à la veille de la rentrée scolaire ? »,s’insurge un parent, très remonté contre les responsables du collège .L’intervention d’un enseignant de passage permet de lever ponctuellement la sanction sans qu’une solution définitive ne soit trouvée.

De tels incidents sont légion dans l’enseignement privé confessionnel. Et les langues sont de plus en plus nombreuses pour dénoncer des abus. Du collège Jean Tabi au quartier Etoudi à Yaoundé au collège Vogt à Mvolyé, en passant par Bénigna, Saint Bénoît, La Retraite, le collège Adventiste… la litanie des plaintes est longue. Et, les établissements catholiques occupent le haut du pavé. Rigorisme mettant les enfants inutilement sous pression au point de développer le stress chez ces jeunes êtres. Boissons extérieures interdites au sein de l’établissement au nom de la lutte contre les drogues, cours particuliers imposés,horaires fantaisistes, calendrier scolaire particulier, listes additives d’ouvrages différents de ceux au programme, requêtes pécuniaires intempestives pour les oeuvres de charité, augmentation des frais de scolarité chaque année, etc. «Toutes ces mesures sont prises unilatéralement par les établissements. L’avis des parents, pourtant partenaires de ces projets éducatifs, n’est jamais requis. Nous sommes toujours sommés de faire des choses…Même dans le cadre des assemblées générales de l’APEE, nous ne sommes pas écoutés. Jamais ces responsables ne se mettent à la place des parents ou des enfants. Quand on se plaint, ils nous répondent qu’on n’a qu’à scolariser notre progéniture ailleurs. Nous pensons que leurs bons classements au palmarès de l’Office du baccalauréat suscitent des dérives au point denous faire chanter désormais », relève un parent décidé à quitter le système.

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