Catholicisme : Afrique, nouveau poumon spirituel

Dans un colloque ouvert lundi dernier à Yaoundé, les experts du droit canon réfléchissent sur les défis de l’évangélisation en Afrique et en Europe.

Du point de vue de l’effectif et selon des statistiques régulièrement publiées par le Saint-Siège, le centre de gravité de l’Eglise catholique s’est déplacé vers l’Afrique au détriment de l’Europe d’où l’évangélisation est partie. L’Afrique est désormais le poumon spirituel dans le monde, en termes de statistiques. Le constat qui n’est pas récent, sert de prétexte au colloque international qu’abrite depuis lundi l’université catholique d’Afrique centrale (Ucac), campus de Nkolbisson. Par le thème de cette rencontre : « Terre de mission et d’évangélisation en Afrique et en Europe : Regards croisés et approches canoniques », il est évident qu’il s’agit  d’aller au-delà d’un simple diagnostic pour questionner les stratégies de réponses aux besoins nouveaux de l’activité missionnaire. « Alors que le nombre de catholiques ne cesse d’augmenter plus particulièrement en Afrique, l’Europe voit le sien diminuer », telle est la réalité décrite dans les termes de références du colloque. L’abbé Jean Bertrand Salla, recteur de l’Ucac croit voir dans ce basculement, le temps de l’Afrique. Il faut qu’elle en prenne conscience, se prépare à assumer la responsabilité de la conduite des affaires de l’Eglise universelle et rendre à l’Occident ce qu’il lui a donné en termes d’évangélisation et de personnel.

On peut aussi voir dans ce revirement de la situation, l’impact de la politique antinataliste de la civilisation européenne, explique l’abbé Jean Bertrand Salla. Il y a peu de naissances et la conséquence se ressent au niveau des effectifs, voire de l’engagement chrétien. Il y a aussi une tendance en Europe à séparer l’Eglise de l’Etat. Du coup, la baisse d’intérêt peut se justifier. A cela, s’ajoutent la montée du capitalisme, la course vers le gain, le déclin des mœurs, la pauvreté, qui, ici, éloignent de Dieu et là rapprochent de lui pour implorer ses grâces. Cette dernière perception est relativisée, car Jean Paul Betengne, directeur du département du droit canonique de l’Ucac, pense qu’à l’époque où l’Europe pénétrait l’Afrique avec la Bible, ledit continent n’était guère pauvre. « La foi s’offre à l’homme qui l’accepte ou ne l’accepte pas. Parfois, on confond le message et le  messager. Cela ne sert pas la cause de l’église », insiste-t-il. L’échange se passe entre les canonistes des deux continents afin qu’ils trouvent des nouvelles passerelles pour la mission. Rien ne sera plus classique, elle a de nouveau aéropages. Il faut les identifier. Tel est le défi à relever selon Jean Mbarga, le grand chancelier de l’Ucac qui a ouvert le colloque.

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