« Un film qui remet la négritude à la mode »

Jean-Pierre Bekolo, réalisateur.

Votre film « Miraculous Weapons » figure dans la sélection officielle des longs-métrages en compétition au Fespaco 2019. Comment avez-vous accueilli la nouvelle?

Nous avons accueilli cette nouvelle comme une grande récompense symbolique pour le travail que nous faisons depuis deux décennies, afin de sortir notre cinématographie des sentiers battus. Nous aurions pu faire le choix pour aller plus vite de nous arrimer au cinéma français ou au cinéma américain par exemple, mais nous avons choisi de rester profondément africain, avec toutes les péripéties que vous pouvez imaginer. Je pense à ce proverbe de chez nous qui dit que “Si tu veux aller vite, pars seul, si tu veux aller loin attends les autres.” Nous avons fait ce choix de ne pas partir seul. Par cette selection, l’Afrique et le Fespaco nous le rendent bien. Nous disons MERCI! « Miraculous Weapons » est un film qui remet la négritude à la mode.

Vous retournez au Fespaco après y avoir remporté l’Etalon d’argent avec « Les saignantes » en 2007. Comment votre vision de cinéaste a-t-elle évoluée en une décennie ?

« Les Saignantes » est un film différent de « Miraculous Weapons », c’est un film dont le parti pris était de faire une proposition de style et de langage cinématographique forte quitte à mettre en danger le film lui-même. “Miraculous Weapons” c’est un peu l’inverse. Il s’agit de gérer ce qui se présente quasiment comme un huis clos avec beaucoup de retenue, contrairement aux Saignantes où il fallait en mettre plein la vue, plutôt en mettre plein le coeur, si je peux me permettre cette expression. C’est la différence entre les deux films. Mais en 10 ans, il y a eu d’autres expériences cinématographiques nouvelles pour moi. J’ai réalisé deux documentaires dont un film de quatre heures sur le grand philosophe Congolais Valentin Mudimbe intitulé “Les Choses et les Mots de Mudimbe”. Après « Les Saignantes », premier film de science-fiction africain, j’ai réalisé un autre film du genre, “Naked Reality”, en noir et blanc.

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