Planification : que se passera-t-il dès 2020 ?

Un groupe technique piloté par le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie y travaille depuis mercredi dernier à Yaoundé.

Après le 31 décembre 2019, le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) ne sera plus la boussole des pouvoirs publics pour des actions de développement du Cameroun. Et dès à présent, on se penche sur la suite. Cette première étape (2010-2019) de la vision d’un Cameroun émergent à l’horizon 2035 arrivée à terme, il faudra amorcer la deuxième. Partant de 2020 à 2027, celle-ci a pour objectif de faire accéder le Cameroun au statut de pays à revenu intermédiaire. C’est donc à cela que s’attèlent, depuis mercredi dernier, les membres du Groupe technique d’encadrement des travailleurs de planification de la phase 2 de la vision 2035 (GTE-V2). Ils sont réunis à Yaoundé, autour de Paul Tasong, ministre délégué  de la Planification en charge auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.  Objectif : examiner, enrichir et finaliser le rapport de revue des politiques de développement menées entre 2010 et 2018 d’une part, et proposer des orientations nouvelles pour 2020-2027 d’autre part. « Nous sommes en train d’élaborer un instrument de planification qui devra remplacer le DSCE. Nous allons mesurer le chemin parcouru depuis 2010 afin de nous assurer que le nouvel instrument en chantier va consolider les acquis de ces neuf dernières années et que les manquements seront corrigés », a indiqué Paul Tasong.

Pendant les deux jours de travaux, il sera donc question de passer en revue tous les indicateurs inclus dans le DSCE, dont le premier portait sur une croissance économique soutenue pendant  10 ans. « Le souhait était d’atteindre une croissance moyenne de 5,5% sur la période de planification. A ce jour, nous n’avons pas atteint cet objectif, puisque le taux de croissance moyen tourne autour de 4,5%,», souligne le ministre délégué. En cause, les chocs subis par le pays, notamment la chute des cours des matières premières d’exportation, dont le pétrole, et les problèmes sécuritaires qui ont un impact considérable sur les finances publiques. « Ces deux chocs, combinés à d’autres difficultés n’ont pas permis que l’économie reste sur la trajectoire du DSCE tel qu’initialement prévu. Malgré cela, notre économie est restée assez résiliente pour soutenir le taux de croissance », indique Paul Tasong. Toutefois, il y a lieu de s’interroger, car ce taux de croissance ne se traduit pas vraiment dans la vie des Camerounais et n’a pas fait reculer la pauvreté. « Nous restons donc sur une note d’insatisfaction car en 9 ans, la pauvreté a reculé seulement de 3% alors que le gouvernement tablait sur une réduction de l’ordre de 10% », déplore le ministre délégué.

Les autres indicateurs évoluent en dents de scie. L’enveloppe budgétaire allouée aux dépenses d’investissement a considérablement augmenté, même si les 30% du budget souhaités n’ont pas été atteints, entre autres.

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